Pour comprendre le décrochage scolaire, il faut considérer non seulement le jeune, mais aussi son milieu familial. C’est cette hypothèse qu’Eric Widmer, professeur de sociologie à l’Université de Genève et directeur de l’Observatoire des familles, a tenté d’analyser aux côtés de Myriam Girardin, collaboratrice scientifique au centre Lives de l’Université de Genève. Menée auprès d’un échantillon de jeunes de 18 à 25 ans à Genève, Lausanne, Bâle et Zurich, leur étude présentée ce mardi révèle que la famille joue un rôle clé dans les situations de décrochage, tant au niveau des causes que des conséquences. Toutefois, elle n’est souvent pas assez prise en compte par les différents acteurs (enseignants, éducateurs, conseillers en insertion ou encore médecins).

Le Temps: Dans quel milieu familial vivent les jeunes décrocheurs qui n’ont ni emploi ni formation au sortir de l’école obligatoire?
Eric Widmer et Myriam Girardin: Les profils analysés présentent plusieurs points communs: un statut professionnel précaire, des revenus faibles ou encore un schéma familial monoparental. Ce ne sont toutefois pas des facteurs déterministes, le décrochage scolaire touche aussi les milieux aisés. On constate par ailleurs que Genève se situe au même niveau que Zurich et Bâle. Lausanne présentant un niveau de décrochage légèrement supérieur.