«Le Temps» recueille les impressions de nouveaux élus durant leur première session parlementaire Marco Romano 29 ans(PDC/Tessin)

L’une des premières interventions que prépare le nouveau venu tessinois Marco Romano sera pour clarifier le mode de désignation d’un élu au Conseil national en cas d’égalité de voix entre deux candidats. Marco Romano sait de quoi il parle. Il ne doit sa présence à Berne qu’à un tirage au sort favorable, dix jours à peine avant le début de la session. Et encore, un précédent tirage au sort, invalidé par le Tribunal fédéral, avait donné vainqueur sa coreligionnaire Monica Duca Widmer.

Après l’engouement médiatico-politique pour son cas, Marco Romano ne veut pas rester le conseiller national désigné par le sort. A 29 ans, ce licencié en sciences politiques de l’Université de Berne, ancien collaborateur du conseiller d’Etat Luigi Pedrazzini et secrétaire du PDC Tessin depuis quatre ans, a de l’ambition.

Il sait qu’il lui faudra faire ses preuves sous la Coupole, prendre de la bouteille, sans se faire oublier du Tessin. C’est pourquoi il pense que les Tessinois de tous partis doivent mieux s’affirmer sur des dossiers prioritaires à ses yeux: le tunnel routier du Gothard, la pression de la région lombarde et de ses six millions d’habitants sur le marché du travail au Tessin et l’«italianità», l’identité italophone. «On parle trop peu italien dans la Berne fédérale; la culture italienne y est sous-représentée», regrette ce parfait bilingue fils d’une mère allemande et d’un père tessinois. Il comprend le français, sans vraiment le parler, comme beaucoup de jeunes Tessinois qui ont donné leur préférence à l’allemand.

Pour le tunnel routier du Gothard, qui devrait être fermé pour réfection complète durant trois ans, il souhaite le creusement sans attendre un deuxième tube routier, que le Conseil fédéral vient de deviser à 2,3 milliards de francs. «Il ne s’agit pas de relier deux cantons entre eux, mais bel et bien d’un axe vital entre le nord et le sud du pays, indispensable à la cohésion nationale», rappelle-t-il. A Simonetta Sommaruga, qui semble avoir oublié, à ses yeux, ses liens avec le Tessin, il veut rappeler le cas urgent du centre de requérants d’asile de Chiasso. «La situation de ce centre, qui est la porte sud de la Suisse, devient intenable. Pas un jour sans que la police ne soit contrainte d’y intervenir.»

Cela tombe bien: la commission des institutions politiques, qu’il vient d’intégrer, a précisément la question de l’asile dans son mandat.