Comment Dominique Giroud a-t-il pu s’embarquer dans une telle galère? La voix apaisée même lorsque le propos est ravageur, Me Yannis Sakkas, ému parfois jusqu’aux larmes, défend son vigneron de client avec ses tripes de Valaisan. Aurait-il coupé du Saint-Saphorin avec du fendant que cela aurait certainement rendu le vin meilleur. Mais ce n’est pas le sujet qui occupe le Tribunal de police de Genève en ce dernier jour d’audience. Sur le thème du piratage avorté de deux journalistes du Temps et de la RTS, l’avocat s’efforce d’humaniser cet encaveur transformé un peu vite en ennemi public numéro un. «C’est un paysan avant tout, maladroit dans ses propos, avec ses qualités et ses faiblesses.» Et surtout, il revient sur le contexte très particulier qui explique, selon lui, la tentation d’un hacking finalement abandonné. Morceaux choisis.

Contexte très spécial

Très loin du parrain machiavélique dépeint la veille par une partie plaignante, Dominique Giroud, dans la bouche de son avocat, est, à la fin 2013, un homme tourmenté, soumis à une déferlante médiatique en raison de ses ennuis fiscaux et paniqué à l’approche d’un sujet de la RTS consacré à des mélanges de vins douteux. «Il y avait un risque de faillite, il avait peur de tout perdre, il ressentait une injustice et il était dans un état de détresse psychologique.»