Faut-il renforcer la présidence de la Confédération ?

-Clairement, la présidence doit être renforcée, dans plusieurs domaines. La première question n’est pas celle de la durée mais celle des prérogatives. Est-ce qu’un président doit être un primus inter pares dont la responsabilité principale est d’organiser l’ordre du jour des séances ou est-ce qu’il doit assumer des tâches supplémentaires ? Ce n’est peut-être pas très suisse, mais il faut admettre que la défense de la position de notre pays dans la situation mondiale telle qu’elle est aujourd’hui passe par une présidence plus forte. Il faut conférer au président des prérogatives de conduite, de communication et de coordination sur le plan international, ce qui pose la question de l’organisation du DFAE. Micheline Calmy-Rey n’a-t-elle pas dit que la présidence devrait aller avec le DFAE ? Ce n’est peut-être pas cette solution qui s’imposera et elle pourrait au contraire provoquer des blocages. Mais cette question reste fondamentale. La position du Conseil fédéral est difficile dans la mesure où il doit être très ouvert sur l’extérieur mais qu’il n’a pas les instruments de communication et de leadership qui sont nécessaires.

-Comment conciliez-vous l’allongement de la durée du mandat avec le tournus de la présidence ?

- Je pense qu’on peut organiser un tournus sur deux ans, voire sur quatre ans. Deux ans, c’est peut-être le progrès le plus conciliable avec le système. Mais il faut commencer par les principes sans s’enferrer dans les détails.

- Le tournus n’est-il pas une question de principe ? Il est profondément ancré dans nos moeurs politiques.

-Je ne suis pas sûr que ce soit si important. Il y a vraiment, au Parlement, une volonté de faire évoluer les choses. La question du renforcement de la présidence est évoquée dans la dernière en date des motions sur la réforme du gouvernement et elle a été signée par des collègues tels que Hermann Bürgi et Philipp Stähelin, qui sont pourtant relativement conservateurs. Ce sont des anciens qui arrivent à la conclusion que l’on ne peut plus aujourd’hui continuer comme hier.