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Tariq Ramadan.
© SIA KAMBOU

Justice

La défense de Tariq Ramadan fait peau neuve à Genève

L’islamologue a mandaté Mes Pierre de Preux et Guerric Canonica pour l’assister dans la procédure ouverte par le Ministère public. Un changement précédé de moult intrigues

Le bruit courait depuis un moment. La défense de Tariq Ramadan fait aussi peau neuve à Genève. Depuis sa cellule médicalisée de la prison de Fresnes, en région parisienne, l’islamologue a finalement écrit à ses avocats, Mes Marc Bonnant et Yaël Hayat, pour exprimer sa volonté de mettre fin à leur mandat. Sans donner d’autre explication.

Cette décision reflète surtout l’influence grandissante exercée désormais par l’entrepreneur franco-tunisien Lotfi Bel Hadj, qui a notamment réussi à gagner la confiance de l’épouse de l’intellectuel musulman, à marginaliser les trois frères qui ne souhaitaient pas ce changement et à bousculer le casting de l’affaire. Mes Pierre de Preux et Guerric Canonica vont désormais reprendre ce brûlant flambeau.

«Interventions extérieures»

Annoncé mardi par la RTS, le changement d’avocats est confirmé par les principaux intéressés. La lettre de Tariq Ramadan est arrivée ce lundi sur le bureau de ses conseils. «Rien dans les liens directs avec notre client ne laissait présager une telle évolution. Celle-ci fait suite à diverses interventions extérieures. La seule chose à faire est d’en prendre acte», réagit Yaël Hayat.

Nouvel «organisateur» de la défense de Tariq Ramadan, Lotfi Bel Hadj était déjà à l’origine de l’arrivée de Me Emmanuel Marsigny dans le dossier parisien, en lieu et place de Me Yassine Bouzrou. L’entrepreneur semble avoir bel et bien étendu ses filets au-delà des frontières. «Il a pris des initiatives», relève Me Bonnant, tout en souhaitant bonne chance et beaucoup d’énergie à ses successeurs.

Lire aussi: Lotfi Bel Hadj, au cœur du dispositif de soutien à Tariq Ramadan

De leur côté, Pierre de Preux et Guerric Canonica confirment leur constitution mais se refusent à toute déclaration avant d’avoir rencontré leur nouveau client. Ils devront aussi se familiariser avec les coulisses très particulières de cette affaire et mesurer son impact médiatique hors du commun.

«Vent de panique»

Toujours solidement arrimé à son mandat, Me Romain Jordan, conseil de la Suissesse qui a porté plainte à Genève début avril et qui accuse l’islamologue de l’avoir cruellement violée dans une chambre d’hôtel en 2008, réagit aux dernières nouvelles: «Ce changement révèle le vent de panique qui anime Tariq Ramadan et sa défense.»

La procédure judiciaire cantonale n’en est qu’à ses débuts. Ce dossier sensible a été confié au premier procureur Adrian Holloway. «Ma cliente n’a pas encore été entendue», précise aussi Me Jordan.

Tariq Ramadan, qui fait désormais l’objet de trois plaintes en France, une aux Etats-Unis et une autre à Genève, est incarcéré à Paris depuis le 2 février. Sa demande de mise en liberté, essentiellement motivée par des problèmes de santé, a été rejetée vendredi dernier par le juge des libertés et de la détention. Me Emmanuel Marsigny a annoncé faire appel de cette décision.

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