L'UDC est en passe de réussir son pari: démontrer qu'elle dispose d'un riche réservoir de candidatures pour le Conseil fédéral. Elle fait même une démonstration de force, puisque dix dossiers ont été officiellement déposés auprès de la commission de sélection interne du parti.

La nouvelle la plus attendue est tombée jeudi après-midi par le biais d'un communiqué de l'UDC grisonne: Heinz Brand vise bel et bien le Conseil fédéral. Il a pris cette décision au terme d'une «réflexion approfondie», a-t-il fait savoir par la voix du vice-président de la section, Andrea Davaz. Lui-même se trouve actuellement à l'étranger. Mais il sera de retour la semaine prochaine lorsque le groupe parlementaire UDC arrêtera son choix. Agé de 60 ans, conseiller national depuis 2011, ancien chef de la police des étrangers de son canton et actuel président de Santésuisse, Heinz Brand est considéré comme le grand favori. Il a de bonnes chances d'être retenu par le groupe parlementaire UDC.

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Deux autres candidats alémaniques sont sortis du bois jeudi. D'une part, le président du Conseil d'Etat de Nidwald Res Schmid, 57 ans, a fait connaître son intérêt. Mais la partie sera difficile pour lui. Il dispose certes d'un expérience au sein d'un exécutif cantonal, mais il est peu connu à Berne. Les seuls cercles où il son nom évoque quelque chose sont militaires. Res Schmid a été pilote d'essai chez Armasuisse de 2004 à 2010 et était, à ce titre, engagé dans l'évaluation des avions en concurrence pour remplacer les vieux Tiger. Dans les années 90, il avait déjà été mandaté pour tester les F/A-18. Après Thomas Hurter, il est ainsi le second pilote d'avion à prendre son envol pour accéder au Conseil fédéral.

Deux candidats de Suisse centrale

Il est membre du Conseil d'Etat depuis 2010 et dirige le département de l'Education. Il ne s'agit pas d'une occupation à plein temps. En parallèle, précise le communiqué signé du président de l'UDC cantonale, Christoph Keller, il exerce un mandat à 20% au sein de l'état-major d'Ueli Maurer, en tant qu'expert en aviation et en politique de sécurité.

Une autre candidature provient de la Suisse centrale: celle du conseiller national zougois Thomas Aeschi. Elu en 2011, ce diplômé de Harvard est conseiller en entreprise auprès d'un consultant zurichois. Célibataire, il est le plus jeune de tous les candidats, puisqu'il n'a que 36 ans. Président de la section cantonale zougoise, il est aussi vice-président du groupe parlementaire à Berne. Il a souvent été présenté comme l'une des étoiles montantes du parti.

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Les trois nouveaux prétendants qui se sont annoncés jeudi ont tous de bonnes connaissances linguistiques. Heinz Brand parle «les trois grandes langues nationales», Res Schmid maîtrise le français alors que Thomas Aeschi se débrouille aussi bien en anglais qu'en français. Ce point jouera un rôle dans le choix du parlement.

Thurgovie renonce

De son côté, la section thurgovienne a fait savoir jeudi qu'elle renonçait à toute candidature. «Toutes les personnes qui entraient en ligne de compte aux yeux du parti cantonal ont annoncé, pour des raisons diverses, qu'elles ne se tenaient pas à disposition pour une candidature», communique-t-elle. Cela exclut définitivement le conseiller aux Etats Roland Eberle et l'industriel Peter Spuhler.

La liste des candidatures officielles comprend ainsi désormais dix noms. Avant Res Schmid, Thomas Aeschi et Heinz Brand, Guy Parmelin (VD), Oskar Freysinger (VS), Thomas de Courten (BL), Thomas Hurter (SH), Hannes Germann (SH), Albert Rösti (BE) et le léguiste Norman Gobbi (TI) avaient fait connaître leur intérêt pour reprendre le siège libéré par Eveline Widmer-Schlumpf.

Leurs chances ne sont variables. Parce qu'il y a déjà deux Bernois au gouvernement, Albert Rösti est hors course. La candidature du Tessinois Gobbi, léguiste estampillé UDC en dernière minute, semble être un pur alibi. Thomas de Courten, Hannes Germann et Res Schmid paraissent condamnés à faire de la figuration.