Pas moins de 418 millions de francs. C'est le montant du déficit vaudois aux comptes 2000, le plus mauvais résultat depuis 1994. Le trou est même de 30 millions supérieur aux 390 millions des résultats provisoires annoncés il y a quinze jours (Le Temps du 14 mars). Des provisions pour rembourser les pensionnaires des EMS et des «corrections techniques» expliquent ce résultat final.

Compte tenu des impondérables, comme l'ouragan Lothar ou la hausse des taux d'intérêt, et des provisions pour risques, le socle structurel du déficit se monte à 246 millions, calcule le conseiller d'Etat Charles Favre. Tenant toute augmentation des recettes comme politiquement impossible, le patron des finances avertit que le redressement ne pourra se faire qu'en accentuant la pression sur les charges.

La comparaison intercantonale met pourtant en évidence que la croissance des charges dans le canton de Vaud (+5,9%) est similaire à celle des cantons voisins, tandis que la progression des recettes (+1,6%) est notablement inférieure. Cette situation est due au système de taxation bisannuelle et à une structure fiscale où les personnes physiques représentent 70% du revenu des impôts, justifie Charles Favre. Le canton de Genève réagit plus rapidement à la conjoncture, mais les revenus extraordinaires des personnes morales masquent une croissance des charges tout aussi préoccupante, ajoute-t-il. Aux socialistes qui réclament plus d'inspecteurs fiscaux, il rétorque que ce serait écoper le navire avec un gobelet.

Que faire? Pour le chef du Département des finances, il faut changer d'approche budgétaire: la croissance des dépenses doit être calquée sur celle des revenus. Cette méthode, qui n'a pas encore été discutée au Conseil d'Etat, suppose que les départements se verraient fixer des maximums de dépenses. Ceux-ci seraient fixés en tenant compte des contraintes, telle la démographie scolaire, et des priorités à fixer par le gouvernement.

Y.R.