FRIBOURG

Dégagé de la tutelle de l'Etat, l'Office fribourgeois de la circulation récolte les fruits de son indépendance

Transformé il y a quatre ans en «établissement autonome de droit public», l'Office de la circulation allie dynamisme et performance. La nouvelle gestion publique s'étend dans l'administration

«On fonctionne selon une méthode de gestion par objectifs, et cela va encore s'accentuer.» Roland Klaus, directeur de l'Office de la circulation et de la navigation du canton de Fribourg (OCN), ne regrette pas le statut de large autonomie de son «entreprise» face à l'administration cantonale fribourgeoise.

Après quatre ans de liberté surveillée à grande distance par l'Etat, personne ne songe à remettre en cause un statut que Fribourg, au plan du contrôle administratif des véhicules, est le seul à partager avec la région bâloise.

Tout le monde en profite. L'Etat, qui continue à toucher plus d'un million de francs par an sans offrir autre chose qu'une caution juridique et financière, le personnel, payé partiellement au mérite (6%) et bientôt intéressé au bénéfice, et les «citoyens-clients» qui bénéficient de tarifs parmi les plus bas du pays et de la modernisation d'un service basé sur une utilisation intelligente d'Internet.

Des termes nouveaux empruntés à l'économie privée, comme benchmarking, ratio, norme ISO 9001, balisent les résultats de l'OCN, présentés jeudi. En l'an 2000, le chiffre d'affaires a progressé de 3,5% pour atteindre 13,2 millions de francs. Après déduction de 1,16 million versé à l'Etat selon une clé de répartition tenant compte de trois critères dont l'endettement et le chiffre d'affaires, l'OCN a décidé d'affecter aux réserves le solde du bénéfice, soit plus de 360 000 francs. L'Office puisera dans cette somme pour investir ou poursuivre le remboursement d'une dette de 9 millions contractée il y a quatre ans.

Si l'autonomie de gestion est grande, il n'en est pas de même de l'affectation des bénéfices. «On paie à César ce qui doit revenir à César», souligne Roland Klaus, qui constate que la gourmandise de l'Etat obligera l'OCN à attendre encore au moins un an avant de parvenir à une situation financière parfaitement saine.

Le degré de satisfaction des clients captifs que sont les détenteurs de véhicules immatriculés à Fribourg (parmi lesquels 169 675 automobilistes) atteint 89,9%. L'OCN a immédiatement réagi l'an dernier à la grogne des usagers excédés par un central téléphonique surchargé. Le problème a été réglé en sept mois par l'installation d'un nouveau central et l'élargissement de l'accès Internet pour les rendez-vous d'expertise des véhicules. «Si nous avions été intégrés à l'administration cantonale, il nous aurait fallu un an et demi pour obtenir les 200 000 francs nécessaires à la réalisation des travaux», relève Roland Klaus. L'OCN fribourgeois a d'ailleurs attiré plus de 1300 clients d'autres cantons pour des expertises de véhicules.

Le succès de l'expérience a poussé les autorités à accentuer la politique de Nouvelle gestion publique (NGP). Depuis le début de l'année, quatre secteurs administratifs, notamment l'Orientation scolaire, le Service des forêts et le Département des ponts et chaussées, sont régis selon la technique du mandat de prestations et de crédits établis jusqu'en 2004.

Cette plus grande liberté de manœuvre de certains services de l'Etat ne contrarie guère la majorité des députés désormais privés d'un contrôle budgétaire direct annuel. «L'expérience débute mais je constate que les employés de l'Etat font preuve d'une grande motivation due à un gain de responsabilités», souligne Jean-Jacques Glasson, président d'une commission parlementaire chargé du suivi de ces innovations.

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