Le conseiller national Fabian Molina (ZH) a tenté de convaincre les délégués de voter en faveur de l'accord avec l'Indonésie qui, selon lui, établira pour la première fois un label de durabilité au niveau du droit international.

Mais Ronja Jansen, présidente de la Jeunesse socialiste n'a rien vu de bon dans cet accord qui, selon elle, n'est rien d'autre que du «greenwashing», ne mettant en place aucun mécanisme de contrôle efficace. De nombreuses autres interventions ont montré à quel point le parti est divisé sur cette question. Les délégués ont finalement voté contre l'accord par 119 voix contre 80, et 10 abstentions. Ils ont aussi rejeté l'initiative dite de la burqa par 177 voix contre 7 et la loi sur l'E-ID (identité électronique) par 172 voix contre 6.

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Oui à la loi sur le CO2

Les délégués ont également décidé des positions du parti pour les votations du 13 juin, par exemple sur la loi sur le CO2. La conseillère fédérale chargée de l'environnement Simonetta Sommaruga a plaidé en faveur d'un «oui».

La pandémie donne une importance particulière à la loi sur le CO2. La Suisse devra investir beaucoup dans les prochaines années pour remettre l'économie sur pied, a-t-elle déclaré. La loi sur le CO2 pourrait ouvrir la voie.

Les délégués ont clairement suivi sa proposition. Les initiatives sur l'eau potable et l'interdiction des pesticides seront également soumises au vote le 13 juin. Le PS dit aussi oui à celles-ci.

Indemnisations coronavirus

Avec une assemblée des délégués en pleine crise du coronavirus, la pandémie était naturellement à l'ordre du jour. La coprésidente du PS Suisse Mattea Meyer s'est dite dégoûtée par le «nationalisme vaccinal» et en a appelé à la levée temporaire de la protection des brevets.

Le coprésident Cédric Wermuth a réitéré la demande d'une compensation salariale à 100% pour les personnes ayant des salaires faibles et moyens.

Pour l'après-coronavirus, le parti socialiste veut planter les jalons d'un pays plus solidaire. La coprésidente du PS Mattea Meyer ne veut pas «d'un retour à la normale», mais entend avancer vers un avenir qui mérite d'être vécu par tous et par les générations futures. Pour cela, il faut des aides financières et une garantie d'avenir pour les jeunes.

Mattea Meyer est ensuite revenue sur la situation des femmes. Cinquante ans après l'introduction du suffrage féminin, elle a déclaré qu'elle ne voulait pas attendre encore 50 ans pour que l'égalité devienne une réalité.

Cette année, le Parlement peut prouver s'il ignore le mouvement de la grève des femmes ou s'il le prend enfin au sérieux, notamment avec l'initiative sur les soins infirmiers et la révision de la loi sur les infractions sexuelles ou sur la réforme des retraites.

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AVS solidaire

Pour ce dernier projet politique, le parti entend faire valoir une politique des retraites basée sur la solidarité et qui se concentre sur la valeur de la justice sociale, la participation sociale et l'autodétermination, a indiqué la coprésidente.

Le parti socialiste veut une prévoyance vieillesse qui permette à chacun de vieillir «dignement» - avec de bonnes pensions et un accès aux soins, à l'aide et à des services médicaux de qualité. C’est pourquoi il a décidé de lutter contre toute détérioration de l’AVS et du deuxième pilier.

Une résolution a été adoptée dans ce sens («Pas de jeux politiques avec notre prévoyance»). Le parti socialiste suisse a adopté d'autres résolutions dont une sur l'introduction du droit de vote et d'éligibilité pour tous, y compris les étrangers.