Avec Schachen dans le canton de Lucerne, Delémont accueille l’un des deux sites d’exploitation du centre de profit de la Régie fédérale des alcools, Alcosuisse. De longue date, un lien étroit s’est tissé entre le chef-lieu jurassien et la Régie. Au point que l’instance fédérale a offert au Jura, la semaine passée, sa collection de 166 alambics anciens.

Delémont pourrait toucher le gros lot, à en croire «La Liberté» de ce vendedi. La cité jurassienne s’est portée candidate à l’accueil de l’unité administrative qui succédera, en 2014, à la Régie des alcools et qui sera un service de l’Administration fédérale des douanes. Les quelque 80 emplois qui seraient délocalisés de Berne à Delémont seraient installés dans un complexe administratif que le Jura projette de construire près de la gare.

Mais le conditionnel reste de rigueur. Les autorités concernées ne confirment pas l’information que «La Liberté» dit être acquise. Autre obstacle à franchir : la nouvelle loi sur l’alcool doit être examinée et adoptée par les Chambres fédérales. Et des voix s’élèvent contre cette décentralisation, «cousue de fil blanc», dénoncent ses adversaires.

Consultées dans le cadre de la révision de la loi, des associations s’opposent à la suppression de la Régie fédérale des alcools. Elles estiment par ailleurs que sa place - quel que soit le service qui lui succédera - est à Berne.

Interrogé par la radio RFJ, le maire de Delémont, Pierre Kohler, affirme que le fait que l’information ait été rendue publique «met le projet d’implantation en péril». « On peut très bien imaginer que, suite à la parution de l’article, certains députés fàdàraux fassent tout pour que l’office maintienne son siège à Berne ou ailleurs que dans le Jura », peste Pierre Kohler.

Dernier-né des cantons, le Jura revendique depuis son accession à l’autonomie cantonale, en 1979, un office fédéral. Delémont était sur les rangs en 1986 pour héberger l’Office fédéral de la propriété intellectuelle, finalement resté à Berne. En 1989, celui qui était alors encore conseiller aux Etats, Jean-François Roth, proposait d’installer dans son canton un Institut fédéral de chimie analytique et d’hygiène alimentaire. En 2002, Berne a encore refusé le projet de l’ancien conseiller national Jean-Claude Rennwald de décentraliser en terre jurassienne le Bureau fédéral de l’égalité.