A chaque fois qu'elle en a la possibilité, la ville de Delémont (11 500 habitants) se profile dans le concert des cités romandes et des capitales cantonales. Elle aspire ainsi à figurer parmi les cinq premières «cités de l'énergie» de Suisse en 2005 et à rivaliser avec les ténors de ce classement que sont Riehen, Berne, Lausanne, Neuchâtel ou La Chaux-de-Fonds.

La capitale jurassienne se dote d'un document inédit en Suisse romande: un plan directeur de l'énergie. «Même avec des moyens limités, Delémont doit développer les énergies renouvelables et mettre en place des mesures destinées à diminuer notre consommation d'énergie», affirme le conseiller communal Gilles Froidevaux. Le plan fixe des objectifs chiffrés, pour qu'à l'horizon 2010 la ville ait atteint ses buts: réduire d'au moins 10% sa consommation d'énergie fossile, couvrir l'intégralité des besoins électriques de ses immeubles par du courant vert et 10% des besoins thermiques par des énergies renouvelables.

Delémont mise sur le gaz naturel, le bois-énergie, les capteurs solaires, la géothermie, l'énergie éolienne ou l'hydroélectricité. Elle envisage de construire une petite centrale hydraulique sur la Sorne, susceptible de couvrir les besoins électriques des bâtiments communaux.

Coordination

«Un plan énergétique doit être coordonné avec l'aménagement du territoire», souligne l'urbaniste Hubert Jaquier. Delémont concentre les nouvelles constructions dans les espaces urbains, aménage la ville pour favoriser les déplacements à pied, à vélo, à scooter électrique ou avec les transports publics, découpe le territoire communal en secteurs, pour inciter à utiliser l'énergie en réseau, en particulier le chauffage. Avec Vevey, Delémont participe à une expérience pilote menée par Alcosuisse, qui vise à substituer 10% de l'essence consommée par les véhicules par du biocarburant. Alcosuisse prévoit d'investir 60 millions dans la construction d'une usine de production, Delémont est sur les rangs.

Evidemment, le concept n'est contraignant que pour l'administration et les bâtiments publics. Delémont entend également inciter ses habitants à emboîter le pas. «En délivrant chaque permis de construire, nous faisons la promotion des énergies renouvelables, des vertus d'une bonne isolation et nous incitons à se raccorder aux réseaux énergétiques», précise Hubert Jaquier. «Plusieurs types de subventions sont prévus», complète Gilles Froidevaux.

Le plan ne dit mot sur le coût et le financement de l'opération. «Nos Services industriels disposent d'un fonds, qui peut être utilisé, précise l'élu municipal. Et nous solliciterons des crédits spécifiques. Les économies d'énergie dégagent des moyens, insuffisants toutefois pour financer les mesures. Mais le programme n'est pas hors de prix.»