diplomatie

La délicate mission de Doris Leuthard à Bruxelles

La présidente de la Confédération rencontre ce jeudi Jean-Claude Juncker, afin d’évoquer notamment le projet d’un accord global Suisse-UE. Au moment où les trois partis gouvernementaux de droite n’en veulent plus

Doris Leuthard l’assure, «il faut rééquilibrer la perception entre le géant européen et la petite Suisse». Dans un entretien à 24 heures et la Tribune de Genève, la présidente de la Confédération précise ses intentions pour cette journée de jeudi, durant laquelle elle se rend à Bruxelles. Elle rencontre le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker («On se connaît depuis longtemps, Jean-Claude et moi…»).

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Tant de dossiers «bloqués»

Principal point de la discussion: évoquer le fait que, depuis le vote favorable sur l’initiative de l’UDC «Contre l'immigration de masse», le 9 février 2014, «beaucoup de dossiers ont été bloqués. Le Conseil fédéral souhaite une normalisation, une reprise des négociations.» Au nom, donc, du fait que la Suisse n’est pas le nain que l’on imagine: elle est le deuxième investisseur étranger dans l’UE, tandis que sa balance commerciale est largement favorable à l’Union. Elle ne se comporte pas comme un pays qui ne prendrait que ce qui lui plaît: «Nous sommes partenaires», assure la ministre PDC. A l’horizon, l’accord-cadre institutionnel avec l’UE, que le Conseil fédéral voudrait pouvoir boucler, afin d’en finir avec les incessants à-coups de la politique européenne vue de Berne.

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Des présidents de partis qui renâclent

La mission de Doris Leuthard se révèle toutefois complexe, car, sur le front intérieur, les oppositions se multiplient. Dimanche dernier, confirmant des propos déjà entendus, NZZ am Sonntag a indiqué que les présidents des trois partis gouvernementaux de droite ne veulent pas, ou plus, entendre parler de l’accord-cadre. Ce n’est pas une surprise concernant l’UDC; mais la position du PLR, notamment, peut surprendre. «Il n’y a aucune raison pour faire avancer un accord institutionnel avec l’UE», a lancé Petra Gössi, la présidente du PLR, tandis que son homologue du PDC Gerhard Pfister dit qu’il hésite «entre l’interruption et l’abandon de l’exercice».

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A ce sujet, Doris Leuthard réplique qu’on «lit des choses étonnantes dans les journaux», tout en concédant «une certaine confusion médiatico-politique». Et elle rappelle l’intangible position du Conseil fédéral, la volonté de perpétuer la voie bilatérale – ce qui, désormais, passe par l’accord-cadre. «Jean-Claude» l’entendra-t-elle? Réponse ce jeudi.

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