L’UDC neuchâteloise a failli connaître une Berezina historique. Elle s’en tire finalement avec une défaite cuisante. Le parti populiste a connu un seul motif de satisfaction en ce dimanche électoral: le maintien in extremis du siège de Jean-Charles Legrix au Conseil communal de La Chaux-de-Fonds. A 52 suffrages près, l’UDC perdait son seul représentant dans un exécutif professionnel en Suisse romande.

La réélection de Jean-Charles Legrix permet à l’UDC de sauver les apparences, rien de plus. Représentée dans seulement six communes, la formation populiste a été défaite à Neuchâtel et à Corcelles-Cormondrèche. Elle a connu l’humiliation de ne pas placer le moindre élu dans la nouvelle commune fusionnée de Val-de-Ruz malgré un terreau qui lui semblait favorable. Cette succession de vexations illustre la déliquescence d’un parti incapable de trouver des candidats crédibles et, surtout, de se trouver en phase avec les Neuchâtelois. Lors des dernières élections fédérales, la campagne de l’UDC suisse sur l’immigration de masse était tombée à plat dans un canton qui sait ce qu’il doit à la main-d’œuvre frontalière qui participe activement à l’essor de l’industrie horlogère.

L’UDC neuchâteloise se résume de plus en plus à la figure tutélaire de son président-fondateur Yvan Perrin, qui sera candidat au Conseil d’Etat en avril prochain. Ses chances semblaient faibles avant le scrutin de dimanche. Elles apparaissent aujourd’hui quasi nulles. L’UDC ne parvient pas à séduire les citoyens mécontents de la politique du Conseil d’Etat. Elle s’est en outre isolée d’elle-même en refusant de s’allier avec le PLR avant les fédérales, ouvrant la porte à un apparentement PLR-PDC-PBD appelé à se renforcer ces prochaines années.