«Le canton de Fribourg est devenu plus sûr et les citoyens ont pu dormir plus tranquillement.» Aucun triomphalisme dans la voix de Michael Perler. Dressant le bilan de l'activité de ses troupes en 2005, le chef de la police de sûreté fribourgeoise constate simplement une diminution des vols, en particulier par effraction (-22%).

9896 infractions

Plus réjouissant encore, la criminalité en général s'essouffle dans le canton: 9896 cas d'infractions recensées, soit 4,3% de moins qu'en 2004. Cette baisse concerne surtout les actes contre le patrimoine (-6%), qui représentent néanmoins encore le 80% des délits.

Le chômage ne guette toutefois pas les pandores fribourgeois. «Il faut certes se réjouir de ce résultat, mais il convient de le relativiser», précise en effet Pierre Nidegger, commandant de la police cantonale. Et d'expliquer que ces chiffres restent supérieurs à la moyenne des dix dernières années et que 2004 avait été une année record en termes de criminalité, avec 10 344 infractions. Par ailleurs, cette tendance à la baisse de la criminalité s'observe dans tout le pays.

Violence en hausse

En affinant la statistique, certains faits se révèlent en outre préoccupants: l'augmentation des actes de violence, notamment les lésions corporelles graves (+35%) et les voies de fait (+19%). Et aussi l'accroissement des incivilités, en particulier des dommages à la propriété (+10%), ainsi que la forte croissance des brigandages (+29%).

La police fribourgeoise s'inquiète surtout de la progression en flèche de la délinquance juvénile. «Pas moins de 16% des infractions ont été perpétrées par des mineurs. Et un délit sur deux a été commis par une personne de moins de 25 ans», note Michael Perler.

Le mauvais exemple français

Les événements survenus dans les banlieues françaises, notamment, font des émules sur les bords de la Sarine. Les jeunes ont divisé l'agglomération fribourgeoise en secteurs, qui se font la guerre. Notamment par blogs interposés sur Internet. Mais les gangs se retrouvent aussi dans la rue, guidés par des pulsions de violence gratuite. Preuve en sont les 21 incendies (souvent de voitures) allumés, de façon délibérée, par des mineurs fribourgeois en 2005.

Cette criminalité juvénile touche, à parts égales, les Suisses et les étrangers. Elément à relever: les premiers commettent davantage de lésions corporelles, de voies de fait et d'incendies intentionnels, alors que les seconds s'adonnent aux vols.

En ce qui concerne la sécurité routière, la police fribourgeoise arbore un (timide) sourire. Certes, le nombre d'accidents de la circulation a augmenté, mais tous les autres indicateurs sont à la baisse: moins de blessés (-10%) et de décès (-44%) sur les routes, ainsi que d'accidents dus à l'alcool (-30%). Pour le chef de la gendarmerie, Pierre Schouwey, les raisons de ce bilan résident essentiellement dans l'application des contrôles systématiques en matière de 0,5‰.

En 2006, la police fribourgeoise continuera à traquer les chauffards. Elle compte également mener une action préventive auprès de la jeunesse, notamment par le biais des écoles.