Les acteurs de la branche de l’énergie s’interrogent quant aux conséquences du coronavirus sur la consommation d’électricité. «Les répercussions sont encore difficiles à estimer», a déclaré mercredi, en présentant le bilan 2019 de son groupe, la directrice générale de BKW, Suzanne Thoma. «Nous n’avons pas encore constaté de baisse de la demande, mais cela peut arriver», reprend-elle.

Cela dépendra en particulier des décisions prises par les gros clients, en particulier les entreprises industrielles. Si elles suspendent leur production, comme l’a décidé Rolex, qui possède un site à Bienne jusqu’à la fin de mars, cela peut temporairement conduire à une baisse de la consommation, qui ne serait que partiellement compensée par la hausse des besoins privés liée au télétravail. «La consommation privée ne va pas augmenter très fortement», suppute Suzanne Thoma. Globalement, sur l’ensemble de l’année 2020, BKW s’attend néanmoins à une progression positive de la consommation et à une hausse des prix.

Un résultat record

Elle ajoute que certains clients ont reporté leurs mandats en raison des incertitudes liées à la crise sanitaire. Et, si certaines entreprises disent ne plus être en mesure de payer leurs factures d’électricité, BKW évaluera la situation avec les banques et les autorités.

L’exercice devrait se solder par un résultat positif estimé entre 380 et 400 millions de francs. Il est inférieur au résultat exceptionnel réalisé en 2019: l’excédent net a atteint 404 millions, soit 149% de plus que l’année précédente, pour un chiffre d’affaires de 2,867 milliards, en progression de 7%. Ce résultat, le meilleur de l’histoire du groupe, est dû à la bonne tenue des ventes d’énergie, qui ont largement compensé les effets négatifs du bas niveau des prix, à une croissance rentable des activités de services et à la bonne performance des fonds de désaffectation et de gestion des déchets, qui ont à eux seuls rapporté 44 millions.

Ces fonds servent à financer la période post-nucléaire. Chez BKW, elle a débuté le 20 décembre dernier, lorsque le réacteur de Mühleberg a été mis à l’arrêt.