«Il faut avant tout se rappeler que ces femmes sont souvent des victimes.» Dorothée Winkler est responsable de l'information au sein du FIZ Makasi de Zurich, le premier centre suisse de consultation pour les victimes de la traite des femmes. Lancé en 2004, ce projet non gouvernemental accueille des femmes, souvent en position illégale, attirées en Suisse par des méthodes malsaines et à la recherche de soutien. La police fait aussi souvent appel aux services du centre lors d'arrestations comparables à celles intervenues mardi. «On remarque du changement. Ces femmes sont aujourd'hui un peu plus entendues comme victimes et pas seulement comme des êtres punissables d'atteinte à la loi.»

Les cas qui se manifestent continuent d'augmenter. Le bureau en enregistrait 90 en 2004, 116 en 2005 et 130 l'an dernier. La plupart des femmes qui s'adressent à FIZ Makasi parlent de menaces, physiques ou psychologiques. Souvent elles sont aussi dans l'obligation d'effacer une dette contractée pour assurer le transport et se retrouvent prisonnières d'un trafic entre diverses maisons closes. La plupart d'entre elles viennent d'Europe de l'Est, d'Amérique du Sud ou d'Afrique.

Pour cette migration forcée, les intermédiaires sont souvent des personnes connues auxquelles ces femmes accordent leur confiance: amis, parents ou voisins. La frontière entre travail volontaire et travail forcé est parfois difficile à établir lorsqu'est entendue leur situation de départ, économique ou autre, ajoute encore Dorothée Winkler.

Le centre de Zurich propose à ces femmes des informations sur leurs droits, un encadrement psychosocial, un soutien dans la recherche d'un logement ou dans les questions de permis de séjour. Beaucoup aspirent avant tout à rentrer chez elles.Rens. http://www.fiz-info.ch A. Fo.