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Nucléaire

Le démantèlement de la centrale de Mühleberg coûtera 800 millions de francs

Le réacteur bernois sera le premier du genre à être démantelé en Suisse. Les travaux de démolition dureront environ quinze ans et 200 000 tonnes de matériaux sont à éliminer

Le démantèlement de la centrale de Mühleberg coûtera 800 millions

Nucléaire Les travaux de démolition dureront environ quinze ans

La centrale de Mühleberg cessera ses activités à fin 2019. Et après? Que va-t-on faire du site? Les Forces Motrices Bernoises (BKW) ont dévoilé leurs intentions mardi soir à Mühleberg, à l’occasion d’une séance d’information publique à laquelle ont pris part près de 450 personnes. Le réacteur bernois sera le premier du genre à être démantelé en Suisse. «Mais pas moins de 150 ont déjà été mis à l’arrêt dans le monde», a précisé le directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), Walter Steinmann. Et, en Suisse, on a déjà l’expérience de la mise hors service de la centrale expérimentale de Lucens.

Mühleberg, ce sera, à partir de 2020, quinze ans de travaux, 800 millions de francs engloutis par la désaffectation de l’endroit, 200 000 tonnes de matériaux à éliminer et 200 employés affairés aux travaux de démolition et de déblaiement. «Le coût des opérations sera couvert à un peu plus de 50% par le fonds de désaffectation des centrales nucléaires et le reste sera financé par l’entreprise», détaille la directrice générale de BKW, Suzanne Thoma. La somme de 800 millions s’ajoute aux 200 millions que les BKW comptent investir jusqu’à la fin de l’exploitation pour répondre aux exigences de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).

Le dossier complet de la stratégie de désaffectation sera transmis à l’OFEN à la fin de cette année. Les cantons concernés, principalement Berne, mais aussi d’autres comme Fribourg, pourront prendre position d’ici à 2017. L’autorisation de démantèlement devrait être délivrée vers le milieu de 2018. Des procédures de recours sont prévues, «mais les expériences menées en Allemagne montrent que ces possibilités sont peu utilisées car la volonté de remettre rapidement les sites en état est plus forte», fait remarquer Walter Steinmann. «Je ne m’attends pas à une grande opposition contre le démantèlement», pronostique René Maire, le maire de la commune de Mühleberg, qui compte 2800 habitants dont une partie travaille pour les BKW.

6000 tonnes de déchets

Dès que le réacteur aura été mis à l’arrêt à la fin de l’année 2019, les travaux préparatoires de la désaffectation débuteront. Les éléments combustibles seront d’abord entreposés dans les piscines de refroidissement pendant environ cinq ans puis transférés au dépôt national de stockage intermédiaire de Würenlingen au rythme d’environ trente convois par an. «Mais la charge de trafic sera comparable à ce qu’elle est aujourd’hui pour les riverains», rassure Suzanne Thoma. A terme, environ 6000 tonnes de déchets radioactifs seront enfouis en couche géologique profonde, une opération qui coûtera 1,3 milliard et sera financée par un second fonds.

La destruction des bâtiments se fera de l’extérieur vers l’intérieur. Le démantèlement de la partie nucléaire de la centrale devrait être achevé vers 2030 ou 2031. «Il n’y aura alors plus de radioactivité sur le site», annonce Suzanne Thoma. Les bâtiments seront démolis entre 2031 et 2034. L’endroit sera alors disponible pour être remis en verdure ou accueillir de nouvelles activités industrielles, poursuit la directrice des BKW. Cette décision sera prise plus tard. «De notre côté, nous espérons que ce site continuera de produire de la valeur», lâche René Maire.

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