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La centrale de Mühleberg, propriété des BKW, sera la première à éteindre la lumière. Ce sera le 20 décembre 2019.
© PETER KLAUNZER/Keystone

énergie

Le démantèlement nucléaire coûtera plus cher que prévu

Le département de Doris Leuthard estime que la commission chargée de calculer les coûts de désaffectation des centrales et de gestion des déchets les a sous-évalués. Il ajoute 1 milliard aux 23,5 annoncés

La facture du démantèlement des installations nucléaires ne cesse de s’alourdir. Jeudi, le Département fédéral de l’énergie (DETEC) de Doris Leuthard a revu à la hausse les coûts calculés par une commission spécialisée, qui avait pourtant fait vérifier ses prévisions par des experts indépendants. L’ardoise s’élève désormais à 24,6 milliards de francs au lieu des 23,5 annoncés en décembre par cette commission nommée Stenfo. Elle avait calculé un coût total de 3,7 milliards pour le fonds de désaffectation des sites de production d’énergie nucléaire et de 19,8 milliards pour celui destiné à financer l’entreposage et la gestion des déchets. Ces chiffres étaient déjà de 13% supérieurs à l’estimation précédente, qui datait de 2011.

Lire aussi: Que fait-on d’une centrale à l’arrêt?

Aux yeux du DETEC, Stenfo a mal évalué trois conséquences centrales de la sortie du nucléaire. Premièrement, elle a exagéré le potentiel d’économies que représenterait le choix d’un seul site d’entreposage définitif des déchets faiblement à moyennement radioactifs et de ceux qui sont jugés hautement radioactifs. Elle a jugé les chances de s’entendre sur un seul lieu d’enfouissement à 40%. C’est trop optimiste. «Il est trop tôt pour dire si ce scénario a des chances de se réaliser. Il faut attendre la prochaine étude, qui se fera en 2021», commente Marianne Zünd, porte-parole de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). D’ici à cette date, on en saura davantage sur les sites entrant en ligne de compte pour réaliser un dépôt unique. La Nagra devrait faire un choix provisoire dans environ deux ans. Les trois endroits actuellement envisagés pour accueillir les déchets se situent tous entre les cantons d’Argovie et de Zurich. Mais on est au début d’un long processus, qui sera riche en oppositions et en recours et durera des années.

Et le supplément de sécurité?

La décision du DETEC sur cet aspect accroît la facture de 650 millions de francs. Le département considère par ailleurs que Stenfo a eu tort de diviser par deux le risque de devoir verser des indemnités aux régions d’implantation. Elle a retenu un montant de 400 millions, mais le DETEC pense qu’il faut prévoir le double, soit 800 millions, comme cela avait été envisagé ces dernières années.

Enfin, il rappelle que l’objectif final du démantèlement des centrales nucléaires est ce qu’on appelle la «prairie verte». Cela signifie que toutes les installations seront détruites et que le sol retrouvera sa verdeur originelle. Or, Stenfo est d’avis qu’il y a 20% de chances que l’on n’aille pas au bout du processus et qu’une partie des installations non contaminées par la radioactivité puissent être récupérées sous la forme de friche industrielle. «Le but fixé par la loi sur l’énergie nucléaire est bien le retour à la prairie verte», insiste Marianne Zünd. Cette décision relève le coût du démantèlement nucléaire de près de 50 millions.

Lire aussi: Le redémarrage de Beznau relance le débat nucléaire

Stenfo a trente jours pour recourir contre cette décision auprès du Tribunal administratif fédéral. «Nous allons l’analyser soigneusement», fait savoir son porte-parole, Max Zulliger. Pour l’instant, les exploitants des centrales, principalement BKW (pour Mühleberg et Leibstadt), Axpo (pour Beznau, Gösgen et Leibstadt) et Alpiq (pour Gösgen et Leibstadt), ne doivent pas augmenter leurs contributions annuelles, puisque ce sont eux qui financent les deux fonds. Les bases de calcul sont en cours de révision et seront vraisemblablement adaptées l’an prochain.

La question du supplément de sécurité de 30% prévu lors des précédentes évaluations doit encore être réglée. Stenfo a jugé qu’on pouvait le réduire à 5% pour la désaffectation des centrales, à 12,5% pour la gestion des déchets. «Les études de calcul des coûts sont de meilleure qualité que par le passé. Il est dès lors correct d’envisager la baisse de ce supplément de sécurité.» Cela fâche les milieux antinucléaires. «Comme les coûts de démantèlement augmentent sans cesse, et en raison des risques financiers existants, le supplément de sécurité doit être maintenu à 30% pour la désaffectation et augmenté à 100% pour l’élimination des déchets», réagit la Fondation suisse pour l’énergie.

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