Industrie

Le démantèlement de la raffinerie de Collombey se précise

La commune de Collombey-Muraz est en passe d’obtenir des garanties financières de la part de Tamoil pour le démantèlement de la raffinerie, qui a cessé ses activités en 2015

La saga de la raffinerie de Collombey-Muraz s’approche vraisemblablement de son épilogue. La commune et Tamoil sont sur le point de conclure un accord, qui permettrait aux autorités d’obtenir des garanties financières pour le démantèlement des installations. Selon nos confrères de Rhône FM, plusieurs millions seront engagés par Tamoil. Cela devrait toutefois être bien inférieur aux 22 millions initialement exigés.

«On espère entrevoir le bout du tunnel», avoue Yannick Buttet, satisfait de se retrouver face à des interlocuteurs plus coopératifs. Mais le président de Collombey-Muraz rappelle qu’il s’agit d’un terrain privé et que les collectivités ne peuvent pas imposer leurs désirs à l’entreprise. Tout dépend donc du bon vouloir de Tamoil. L’entreprise explique au Temps avoir trouvé une ambiance de discussion plus détendue avec la commune, ce qui a permis au dossier de bien avancer.

Ultimatum décisif?

L’ultimatum imposé par l’Etat du Valais au pétrolier n’y est peut-être pas étranger. Le canton a en effet exigé que la société démantèle la raffinerie si elle n’a pas trouvé de repreneur d’ici à 2020. A moins d’une année est demie de cette date limite, la raffinerie demeure à l’arrêt. Même si certains repreneurs font toujours part de leur intérêt à Yannick Buttet, aucun n’a trouvé grâce aux yeux de Tamoil, qui de son côté semble avoir tiré un trait sur cette installation.

Porte-parole de la société, Stéphane Trachsler rappelle toutefois qu’il reste dix-huit mois avant que le délai, accordé à son entreprise pour une décision finale concernant la raffinerie, n’échoie. Il ajoute «qu’il est dès lors prématuré de prétendre que son sort est scellé puisque nous continuons d’évaluer les alternatives en concordance avec le calendrier que Tamoil s’est fixé.» Aujourd’hui, une poignée de personnes continuent d’assurer la surveillance des installations.

La thèse du démantèlement semble toutefois la plus probable aujourd’hui. Mais à quels coûts et dans quels délais? Pour l’heure les deux parties restent muettes sur les détails de l’accord. Elles annoncent toutefois qu’ils seront dévoilés à la presse à la fin de l’été.

L’assainissement avance

A l’arrêt depuis la fin des activités de raffinage en mars 2015, les installations et le terrain sont en cours d’assainissement. L’Etat du Valais avait obtenu en novembre 2016 une garantie financière de 5,5 millions de la part de Tamoil pour ces travaux, «suivis de près par le Service de l’environnement», assure son chef, Joël Rossier. Et ils avancent «selon la planification temporelle et financière», précise Stéphane Trachsler.

Aujourd’hui, plus une goutte d’hydrocarbure ne se trouve dans les tuyaux de la raffinerie. Ces derniers ont été rincés à plusieurs reprises à la vapeur d’eau et à l’azote avant d’être mis sous pression d’azote. Les 17 000 m³ d’eau polluée ont ensuite été traités à l’aide d’une station d’épuration mobile, avant d’être déversés dans le Rhône, après analyse libératoire contrôlée par le Service de l’environnement.

L’assainissement du site ne s’arrête toutefois pas là. Cinq zones spécifiques du terrain, souillées d’hydrocarbures et considérées comme contaminées, doivent également être assainies. Joël Rossier précise que plusieurs mesures ont été mises en place, mais que les travaux sont loin d’être terminés. «Si tout est fini en ce qui concerne les installations de la raffinerie, il faudra encore plusieurs années pour que l’assainissement du sous-sol soit achevé», explique-t-il.

Un avenir industriel

Une fois tous les travaux arrivés à leur terme, se posera la question de l’avenir du terrain, qui appartiendra toujours à Tamoil. Yannick Buttet, qui semble entrevoir une volonté de la part du pétrolier de vendre les 130 hectares de la raffinerie, souhaite que le site conserve son destin industriel: «La commune veut une réutilisation de ce terrain avant d’ouvrir toute autre zone industrielle. Cela se ferait au détriment de zones agricoles, or nous allons déjà en perdre énormément avec la troisième correction du Rhône», conclut-il.

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