Neuchâtel

La démission attendue d’Yvan Perrin

Le président de l’UDC neuchâteloise remet son mandat après le cuisant échec de son parti aux élections cantonales

Ce n’était plus une surprise, après la cinglante défaite de l’UDC lors des élections au Grand Conseil de dimanche dernier, lors desquelles sa députation a fondu de moitié, passant de 20 à 9 sièges. Son président Yvan Perrin a démissionné, a annoncé la section cantonale, dont le comité s’est réuni le 5 avril à La Chaux-de-Fonds.

A ceux qui estiment qu’il n’est pas totalement remis de ses ennuis de santé et qu’il a repris la politique trop tôt, Yvan Perrin assure qu’il n’en est rien. «Je suis en bonne santé», affirme-t-il au «Temps» d’une voix pourtant pâteuse. Dimanche soir, il avoue avoir été «KO debout», raison pour laquelle il a préféré fuir les médias. «Je ne m’explique toujours pas ce qui s’est passé. Jamais je n’avais imaginé que l’UDC n’atteindrait pas le quorum de 10% dans le district de Neuchâtel.»

Quel successeur?

Yvan Perrin en a vite tiré les conséquences. Il a décidé de démissionner lundi déjà et n’a ainsi pas participé à la séance du comité de La Chaux-de-Fonds. «J’avais perdu ma crédibilité.» Il avoue qu’il n’a pas vu venir la catastrophe. En juin 2016, le président qui venait de reprendre cette fonction avait conduit son parti au succès lors des élections communales. L’UDC y avait gagné 14 sièges dans les parlements.

Difficile de prédire aujourd’hui qui prendra la succession d’Yvan Perrin à la tête du parti. Deux noms circulent avec insistance: d’une part celui de Stephan Moser, qui a déjà dirigé le parti en 2015, mais qui fait savoir qu’il n’est pas candidat «pour l’instant»; et d’autre part celui de Walter Willener (64 ans), qui avait quitté le Parti radical pour fonder la section neuchâteloise de l’UDC en 2001. «En soi, le défi pourrait m’intéresser, mais je ne sais pas si j’en ai vraiment envie», confie celui-ci.

Selon plusieurs ténors du parti, le comité a besoin d’un renouvellement presque complet. «Il ne sert à rien de remuer le passé, il faut repartir à zéro avec un tout nouveau comité», déclare Walter Willener. «A commencer par mettre sur pied un plan d’action sur trois axes, parmi lesquels le redressement des finances cantonales et la question hospitalière.»

Qu’adviendra-t-il de l’initiative cantonale «Les nôtres avant les autres», lancée le 9 février dernier? Yvan Perrin assure qu’elle a du succès: «Je pense qu’elle aboutira facilement, des signatures rentrent tous les jours.» D’autres membres se montrent en revanche plus dubitatifs. Ils se demandent si cette initiative anti-frontaliers, qui affirme la préférence indigène lors du recrutement de la main-d’œuvre, était bien nécessaire. «Elle a le grand défaut de nous couper de nos soutiens dans l’économie», dit l’un d’eux. «Ce n’est pas une priorité. La situation à Neuchâtel n’est en rien comparable avec celle du Tessin», dit un autre membre.

Ce qui est sûr, c’est que l’UDC cantonale devra réduire son budget annuel, d’environ 50 000 francs hors campagne. En perdant la moitié de sa députation, elle touchera 33 000 francs en moins de la part de l’Etat, qui verse 3000 francs par député. C’est dire que le nouveau comité devra vite s’atteler à réduire la voilure sur ce plan.

Comme si l’UDC n’avait pas assez d’ennuis comme cela, elle a dû prendre note ce jeudi de la démission de l’un de ses jeunes espoirs, le député au Grand Conseil Xavier Challandes. Durant la campagne, le candidat malheureux au Conseil d’État avait avoué qu’il envisageait de changer de parti. Pour l’instant, il n’en a pas trouvé de nouveau. Il siégera dans l’immédiat comme député hors parti.

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