«Cherche top-manager connaissant parfaitement les procédures d'aide financière aux requérants d'asile, et capable de surveiller le détail de leur application. Urgent. S'adresser au Département de la santé et de l'action sociale.» Si l'offre d'emploi n'est pas encore parue, elle est annoncée. Jeudi, le gouvernement vaudois a dû accepter la démission en bloc du Conseil de la fondation pour l'accueil des requérants d'asile (FAREAS). Après le sévère audit du contrôle fédéral des finances (Le Temps du 3 février), et confrontés à la nécessité de gérer le remboursement à la Confédération d'un montant proche de 22 millions de francs, ses six membres emmenés par leur président Etienne Lasserre ont préféré rendre leur tablier. Ils assureront toutefois l'intérim jusqu'à ce qu'une nouvelle structure soit trouvée.

Pour le président démissionnaire, les limites d'un fonctionnement de milice sont clairement atteintes: «Nous n'arrivons pas à tout maîtriser au niveau financier, il faut des professionnels à plein temps à la tête de la FAREAS», estime Etienne Lasserre, lui-même ingénieur civil de métier. Le Conseil d'Etat semble avoir compris le message. Jeudi, Charles-Louis Rochat a annoncé la recherche d'un administrateur-délégué qui sera chargé de faire le pont entre l'Etat de Vaud – par lequel transitent les subventions de la Confédération – et la FAREAS, chargée de gérer l'accueil des requérants. Cette perle rare (à trouver) sera épaulée par une équipe, notamment issue de l'administration. Le comité de pilotage institué après la découverte des problèmes financiers de la FAREAS voici dix-huit mois reste par ailleurs en place. Il devra proposer d'ici à la fin de l'année des mesures de renforcement de l'organisation de la fondation, permettant enfin à l'Etat de jouer complètement son rôle de surveillance.

Les dysfonctionnements relevés par le contrôle fédéral des finances – dont le rapport a été remis aux médias jeudi – attestent de la faiblesse de la structure comptable et de contrôle de la FAREAS. «Manque de fiabilité des flux d'information à tous les niveaux», «revenus des requérants non déclarés ou non pris en compte», «non-observation des normes de l'Office des réfugiés» sont relevés. Même lorsque des corrections étaient faites, les montants en faveur de la Confédération ne lui étaient jamais crédités. Sur cinq ans, le trop-perçu atteint 22 millions, près de 5% du budget total engagé. Depuis un an, la FAREAS a toutefois déjà réorganisé sa gestion.