Vaud

La démission de Claude-Alain Voiblet embarrasse l’UDC vaudoise

Evoquant une surcharge de travail, l’omniprésent vice-président du parti national se retire après une année tendue à la présidence cantonale. En fâchant certains membres du parti

«J’assimile cela à un claquage de porte», tempête Jean-François Thuillard, l’un des trois vice-présidents de l’UDC vaudoise. Le renoncement de Claude-Alain Voiblet à la présidence de la section vaudoise, annoncé jeudi soir lors d’un congrès, plonge celle-ci dans l’embarras.

Surcharge

Révélée par La Liberté et évoquée par le député et conseiller communal lausannois sur son blog, sa démission serait due à une surcharge de travail. Longtemps coordinateur romand du parti, à présent vice-président de l’UDC suisse, ce Jurassien d’origine, omniprésent en Suisse romande lorsqu’il s’agit de faire entendre la voix de son parti, a été candidat malheureux au Conseil d’Etat vaudois en avril 2012. Echec dont certains lui ont sans doute tenu rigueur.

Claude-Alain Voiblet parle d’«engagements très lourds, en plus de mon activité professionnelle», évoquant un «choix entre l’emploi du temps et la qualité de vie». Il mentionne les campagnes, victorieuses, pour Oskar Freysinger en Valais puis Yvan Perrin à Neuchâtel, qui l’ont fortement occupé, avant d’évoquer le défi à venir des élections genevoises: «L’engagement supérieur pour l’UDC suisse prend beaucoup de temps, avec la préparation des élections fédérales», argue-t-il.

L’ancien secrétaire général du parti avait accédé à la présidence cantonale en juin 2012. Les relations avec le bureau n’ont pas toujours été en pleine harmonie, laisse entendre un membre de la formation: «Il ne maîtrisait pas le parti comme il l’aurait souhaité.» Des tensions sont aussi apparues lorsqu’au Grand Conseil, le groupe parlementaire a refusé de le nommer à la Commission des finances. L’intéressé concède que «certaines décisions ne m’ont pas fait plaisir», tout en relativisant: «En vingt ans d’expérience politique, j’ai bien compris que si un parti ne connaît pas de tensions, c’est qu’il est en léthargie.»

«Incompréhensible»

L’annonce de sa démission, à la fin d’un congrès de routine dédié aux votations du 22 septembre, a surpris jusqu’à la direction de la section. La Veveysanne Fabienne Despot, autre vice-présidente, explique que «nous ne nous y attendions pas, nous pensions qu’il ferait au moins une législature». D’autant que la formation est sur le point de faire aboutir son initiative cantonale pour l’interdiction de la mendicité, déjà lestée de 15 000 signatures. Aux yeux de Jean-François Thuillard, «nous sommes dans une situation positive avec ces signatures en masse, nous en sortirons gagnants, ce qui rend, pour moi, encore plus incompréhensible le fait qu’il parte à ce moment-là».

Le successeur sera désigné le 6 octobre. Fabienne Despot se dit «prête à assurer l’intérim», qui sera clarifié la semaine prochaine. Sans s’avancer à ce stade au sujet d’une candidature ferme pour le poste.

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