L'affaire Holenweger n'en finit pas de faire des dégâts. Le procureur général suppléant de la Confédération, Michel-André Fels, a annoncé jeudi qu'il quittait ses fonctions avec effet immédiat. Il demeure toutefois au service du Ministère public. Michel-André Fels, qui avait assuré l'intérim après le départ de Valentin Roschacher, a estimé devoir prendre cette décision pour préserver la crédibilité du Parquet fédéral.

Une seule écriture

Michel-André Fels était en effet, en compagnie notamment de son homologue Claude Nicati, à l'origine des erreurs d'interprétation de la Commission de gestion du Conseil national sur la signification possible des documents trouvés en possession du banquier zurichois Oskar Holenweger. Au premier coup d'œil, ceux-ci pouvaient suggérer l'existence d'un complot pour pousser à la démission le procureur général Valentin Roschacher et impliquant peut-être jusqu'à Christoph Blocher.

En présentant notamment comme probable mais sans l'avoir vérifiée la présence de plusieurs écritures sur ces documents, Michel-André Fels avait accrédité la plausibilité d'un complot. Mais une expertise a depuis exclu la présence de plusieurs écritures, et l'hypothèse d'un coup monté n'a jamais pris corps.

Egalement entendu par les commissions de gestion, Claude Nicati, qui avait pris la décision initiale de porter ces documents à leur connaissance, n'a toutefois pas fait part de son intention de quitter ses fonctions lui aussi.

En toute légalité

Par ailleurs, le Département fédéral de justice et police (DFJP) a réagi aux informations relayées notamment par Le Temps jeudi. La consultation de documents internes de l'Office fédéral de la police relatifs à l'engagement de Ramos, un trafiquant de drogue colombien utilisé comme informateur par les enquêteurs suisses contre Oskar Holenweger, était parfaitement légale, selon le DFJP. Le directeur de l'Office fédéral de la police, Jean-Luc Vez, avait autorisé l'accès à ces renseignements, tout en émettant une réserve claire sur la légalité du procédé. «Nous avons soumis la question à l'Office fédéral de la justice, qui avait estimé au contraire que le département pouvait légitimement obtenir l'accès à des documents», relève Livio Zanolari, chef du service d'information du DFJP. L'intérêt que continuait à porter le chef du DFJP à l'engagement de cet informateur alors que l'affaire semblait close depuis près d'un an s'explique par les développements que cette dernière continuait à avoir en raison des investigations de la commission de gestion, souligne-t-il.