Quatre ans après les terribles inondations qui ont dévasté Sarnen et une partie du canton, les travaux de sécurisation de la rivière Aa n’ont toujours pas pu commencer. Pour le gouvernement, c’est l’histoire d’une débâcle. Au début juillet, le Conseil d’Etat avait dû annoncer que les coûts du projet retenu allaient presque doubler, passant de 47 à 77 millions de francs. Une «mauvaise surprise que rien ne laissait présager», disait le gouvernement, amer, lorsque le bureau d’ingénieurs chargé de la réalisation avait présenté un nouveau budget. Et au début septembre, le gouvernement décidait de suspendre le projet, le temps d’examiner une autre variante rejetée dans un premier temps parce qu’elle coûtait plus cher.

A peine l’eau retirée, en août 2005, la polémique avait commencé sur les meilleurs moyens et de contenir dans son lit la rivière Aa, qui sort du lac de Sarnen, traverse le chef-lieu et la zone industrielle qui suit. Deux variantes principales étaient en question pour réguler l’écoulement du lac: approfondir et élargir le lit de la rivière, ou construire une galerie souterraine de secours qui évacue les eaux en cas de crue. Plus chère, la variante de la galerie de secours, que même le gouvernement soutenait dans un premier temps, avait été écartée. L’avis des autorités fédérales, qui n’étaient pas d’accord de participer à la variante la plus coûteuse, avait pesé lourd dans la balance. En novembre 2007, 59% des Obwaldiens s’étaient prononcés pour l’excavation de la rivière. Les opposants faisaient valoir que les travaux dans le lit de la rivière pourraient réserver de mauvaises surprises et que cette variante allait causer des soucis financiers sans fin au canton.Deux ans plus tard, ces prédictions se réalisent. Selon deux expertises externes, les surcoûts sont dûs à des difficultés géologiques.

Face à cette situation, le gouvernement a décidé de revenir à la case départ, et de faire examiner d’ici décembre la variante d’une galerie de secours, qui entre temps ne devrait pas coûter plus cher. Il y a même deux projets de galerie de secours en discussion, l’une vers l’est, l’autre vers l’ouest. Mis sous pression pour sa gestion du dossier, Hans Matter, à la tête du Département des travaux depuis 1996, a préféré annoncer sa démission pour la fin de l’année. Âgé de 65 ans, il ne se serait probablement pas représenté aux élections générales en 2010. Il ne fait qu’anticiper son retrait de la vie politique de quelques mois. Le gouvernement obwaldien se compose actuellement de deux PDC, de deux chrétiens-sociaux et d’une radicale.