«On attendait un raz de marée, c'est une vaguelette.» Président des radicaux valaisans, Léonard Bender avait, mardi, de la peine à cacher sa satisfaction devant le principal enseignement des listes déposées pour les élections communales du 5 décembre: la faible présence UDC.

Les blochériens valaisans ne seront en effet présents que dans 17 communes sur 158 – 13 sur 76 dans le Valais romand. Seuls Troistorrents, Val-d'Illiez, Saint-Gingolph, Port-Valais, Collombey, Martigny, Fully, Chamoson, Vétroz, Nendaz, Sierre, Sion et Savièse auront des candidats UDC dans la partie francophone du canton. Une misère, après les perspectives ouvertes par les élections fédérales de 2003.

Le président de l'UDC valaisanne, Raphaël Filliez, donne deux explications à cette crasse évanescence: «L'individualisme du monde moderne, où plus personne ne veut s'engager», et les coups bas des adversaires: «On s'est retrouvé avec des candidats qui sont passés soudainement au PDC ou chez les radicaux quelques jours avant le dépôt des listes.»

Cette faible présence de l'UDC peut en effet s'expliquer, pour une bonne part, par la faculté des PDC, des radicaux ou des ententes villageoises à contrôler et tenir fermement leurs bastions historiques respectifs. Pas rancunier pour autant, Raphaël Filliez a rappelé sur les ondes de Rhône FM que le véritable adversaire était «la gauche», et que le but premier pour l'UDC n'était pas de «piquer des sièges aux radicaux ou aux PDC».

Léonard Bender juge cette déclaration «purement électoraliste et ne reposant sur rien dans un système proportionnel. L'UDC ne prendra aucun siège à la gauche, car il faudrait pour cela que les électeurs socialistes votent UDC en masse.» On peut en tout cas noter qu'à Martigny et Nendaz, nombre de candidats UDC sont issus de l'aile droite du PDC et que, jusqu'ici, le parti de Freysinger a surtout mordu sur les radicaux.

Le PS, lui, par son président, Charles-Marie Michellod, se félicite d'être dans la ligne de tir de l'UDC, «d'autant que, pour nous, il ne s'agit pas d'un adversaire mais d'un ennemi». Quant au PDC, il entend, selon son président, Raphy Coutaz, «conserver les acquis», qui certes ne sont pas minces: sur 76 communes du Valais romand, le PDC détient la majorité du conseil dans 36 d'entre elles, la présidence dans 47. Notons enfin que la bataille sera surtout âpre dans les villes – Sion, Martigny, Sierre et Monthey –, où le nombre de candidats est le double de celui de sièges à pourvoir.