Un homme, une voix. C’est, jurent-ils, pour défendre le fondement de la démocratie, le droit électoral, que les minoritaires valaisans avaient donné rendez-vous à la presse vendredi, fêtant le succès de leur initiative «Chaque voix compte».

Le texte préconise un changement du mode électoral pour l’élection au Grand-Conseil. Actuellement, la répartition des suffrages se calcule dans quatorze cercles électoraux. Il s’agit d’introduire la double-proportionnelle: une répartition des votes entre tous les partis dans les trois régions constitutionnelles d’abord, puis dans les districts, selon leur importance.

Bénéfice de l’opération froidement mathématique? Elle raserait les inégalités entre petits et grands districts, donnerait plus de chances aux minoritaires d’être équitablement représentées au Parlement. «Trouvez-vous normal qu’il faille 30% des suffrages pour obtenir un siège à Rarogne oriental, alors que dans d’autres districts, avec une telle force on arrache trois ou quatre députés?», questionnent les initiants, tous les minoritaires à l’exception du Parti libéral-radical (PLR).

Les «gardiens de la démocratie» se gardaient vendredi d’épiloguer sur l’effet collatéral du système, qui anime les débats puisque l’opération ferait, a priori, perdre au PDC sa majorité absolue. Pour son président Michel Rothen, «aucun doute: l’initiative a pour seul but de faire basculer le PDC. Il faudra voir comment les Valaisans l’accueillent en votation (ndrl, elle devrait se tenir dans les trois ans). Je rappelle que si tant de nos voisins s’installent chez nous, c’est qu’ils sont séduits par des conditions-cadres mises en place par le PDC. Certains pensent qu’on a de la chance. Moi, je dis que les chanceux votent PDC.»

L’initiative appelle un débat plus large sur la réforme des institutions. Le PLR a aussi lancé une motion pour remodeler les circonscriptions électorales. La balle est dans le camp du Conseil d’Etat, en l’occurrence...le PDC Maurice Tornay.

Jean-Luc Addor, secrétaire général de l’UDC, lui adresse ses bons vœux: «Soit il se met debout sur les freins, soit il élabore un projet de réforme et on peut même s’économiser une votation.» En cas de résistance, la voie judiciaire est réservée. Deux arrêts du Tribunal fédéral ont déjà jugé des systèmes électoraux similaires, à Nidwald et à Zoug, «contraires aux principes de traitement en matière électorale.»