Samuel Schmid serait «profondément blessé et énervé» contre son parti, rapportait vendredi la BernerZeitung. Jamais le conseiller fédéral n'avait dû faire face à un flot de critiques aussi acerbes que devant l'assemblée des délégués de l'UDC, réunie le samedi 16 novembre à Lupfig (AG). Le «il n'est qu'un demi-conseiller fédéral UDC» lancé par Christoph Blocher à propos de Samuel Schmid compte parmi les déclarations les plus «modérées», estimerait-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense. Samuel Schmid n'aurait pas supporté que la direction du parti ait laissé pleuvoir sur lui une volée d'autres railleries, sans lever le moindre doigt. Signe de son énervement, le conseiller fédéral a déclaré sèchement qu'il acceptait «les critiques, même abruptes, mais pas la diffamation».

Samuel Schmid suivra-t-il le même chemin que l'ancien conseiller aux Etats Ulrich Zimmerli, qui a rendu sa carte de parti lundi parce qu'il lui était devenu «insupportable» de rester à l'UDC, se demande la BernerZeitung? «Impossible, balaie Christoph Blocher, s'il se retirait, il ne serait plus réélu en 2003. Il faut qu'il accepte la critique.» Le chef de file de l'UDC rappelle qu'avec leur précédent conseiller fédéral Adolf Ogi, cette question était déjà régulièrement évoquée, mais que finalement, il était resté et au gouvernement et au parti. Samuel Schmid, qui supporte nettement mieux les contrariétés que son prédécesseur, ne fera probablement pas autre chose que se taire et faire le dos rond. Du reste, malgré les sollicitations de nombreux médias, le conseiller fédéral n'a pas souhaité s'exprimer sur la question.