Les Fribourgeois connaissent mieux son frère, le dicodeur de la RSR Marc Boivin. Mais l'aîné de la fratrie s'est également fait un prénom. En particulier dans le landerneau politique du cru, où Denis Boivin, 38 ans, bénéficie d'un certain respect. C'est que ce membre du Parti libéral-radical (PLR) est un laboratoire d'idées. Depuis le début de sa carrière à l'assemblée constituante fribourgeoise en 2000, il s'est fait l'auteur d'un nombre impressionnant de propositions visant à «améliorer le sort de mes concitoyens».

Père de l'initiative «Fusion 2011», qui veut marier les cinq communes noyau de l'agglomération fribourgeoise afin de former une ville de 60000 habitants, il milite pour la construction d'un «métro fribourgeois». «Un projet qui serait réalisé à partir des tronçons de rail déjà existants.» Dernièrement, ce nageur impénitent a suggéré de pallier l'absence d'une piscine couverte digne de ce nom dans le Grand Fribourg par la pose d'une membrane gonflable sur les bains historiques de La Motta. Une «solution pragmatique et peu coûteuse» néanmoins vertement critiquée par son rival PDC Hubert Dafflon, qui n'y voit qu'un écran de fumée électoraliste.

Avocat et expert fiscal dans une fiduciaire, Denis Boivin a baigné tôt dans la politique. Son père, Pierre, a en effet été membre de l'exécutif de la capitale cantonale et du Grand Conseil fribourgeois, qu'il a présidé en 1993. Le fils marchera sur ses traces, entrant à son tour au parlement cantonal en 2001. Député en vue de la législature 2001-2006, il échoue pourtant à sa réélection, victime avant tout de l'effondrement de son parti dans son cercle électoral de Fribourg-Ville.

Ratisser large

Là réside d'ailleurs le problème principal de Denis Boivin. Lors des fédérales de 2007, le PLR a à peine recueilli 11% des suffrages en Sarine. Trop peu pour être élu sur une base exclusivement partisane. Mais le radical veut y croire, d'autant plus que l'UDC lui a apporté son soutien. Paradoxalement, certains Verts pourraient aussi voter pour lui, en raison de son profil écologique marqué. Grand amateur de marche, le radical est par exemple le seul candidat à ne pas avoir de voiture.

«Je ne veux pas être le représentant d'un parti, mais bien le préfet de tout un district. Pour occuper ce poste, la compétence prime. Etre au bénéfice d'une formation juridique me paraît ainsi indispensable vu la nature du travail administratif», note Denis Boivin. Une pique contre le PDC Hubert Dafflon, seul postulant à ne pas être juriste.

Parmi ses priorités, le radical cite l'amélioration des collaborations intercommunales par des fusions «ou autrement». Il souhaite également mettre en place les structures idoines pour que le district devienne une seule région d'aménagement et se dote d'un plan directeur unique. Il espère enfin faire du développement des énergies renouvelables l'une des cartes de visite de la Sarine.