«Kaspar Villiger a agi conformément aux décisions du Conseil fédéral et du parlement et dans l'intérêt général.» Appelée à se prononcer sur le rôle joué par l'ancien ministre des Finances dans l'affaire Swissair/Swiss, la Commission de gestion (CdG) du Conseil des Etats ne voit pas de raison de rouvrir une enquête. Elle avait été saisie par Kaspar Villiger à la suite des soupçons proférés par le conseiller national Christoph Mörgeli (UDC/ZH).

Issue dramatique

Lors d'une conférence de presse, le Zurichois, connu pour son goût de la provocation, avait laissé entendre que Kaspar Villiger s'était peut-être fait promettre quelques coquets mandats d'administrateur en échange de «son soutien à la réunion de fonds publics pour Swissair/Swiss». L'ancien chef du Département fédéral des finances (DFF) a décidé de soumettre ce cas à la CdG des Etats, qui avait longuement enquêté sur cette affaire en 2001 et 2002.

Aux yeux de la CdG, «le Conseil fédéral et le chef du DFF de l'époque avaient agi dans l'intérêt général et dans un contexte marqué par de très grandes attentes d'importants cercles de la population». Elle rappelle que «le Conseil fédéral avait pris conscience trop tard de la gravité de la crise de Swissair et avait ainsi été forcé à intervenir». Elle relève que «l'issue dramatique était difficilement prévisible. Ce manque d'anticipation explique aussi les revirements du Conseil fédéral à propos de l'emploi de fonds publics». Elle ajoute qu'«il faut garder à l'esprit les circonstances particulières de l'époque si l'on veut évaluer aujourd'hui l'engagement du Conseil fédéral pour la compagnie aérienne suisse». Et conclut que les «récentes insinuations d'un conseiller national» – le nom de Christoph Mörgeli n'est jamais cité dans son communiqué – ne justifient pas l'ouverture d'une nouvelle enquête.

Joint par téléphone, Christoph Mörgeli n'a pas souhaité commenter l'avis de la CdG. Quant à Kaspar Villiger, il a fait savoir par son avocat, Nicolas Markwalder, qu'il en prenait connaissance «avec satisfaction». «Il considère l'affaire réglée, mais se réserve cependant tous les droits au cas où le conseiller national concerné continuerait de propager ses insinuations», écrit son avocat dans un communiqué.