«C'est le centre droit qui doit prendre la direction des événements et ne pas attendre que la gauche se positionne.» C'est ainsi que le libéral vaudois, Charles-Louis Rochat, a expliqué le moment choisi pour annoncer son retrait. Il ne sera pas candidat à un troisième mandat lors des élections cantonales de mars 2007.

Renverser la vapeur

Sans être une surprise, cette annonce est relativement précoce. Il y a cinq ans, un Claude Ruey et un Charles Favre avaient attendu l'été voire l'automne pour faire part de leurs intentions. Cette rapidité doit donc donner au camp bourgeois le temps nécessaire pour élaborer le plan de bataille lui permettant de conserver la majorité. Les récentes élections communales, très mauvaises notamment pour le Parti radical, ont renforcé l'hypothèse d'un basculement à gauche du gouvernement, sinon du parlement cantonal. Les libéraux doivent défendre leur siège non seulement contre la progression de la gauche plurielle, mais contre l'appétit de l'UDC.

L'annonce de Charles-Louis Rochat met la pression sur sa collègue radicale Jacqueline Maurer, dont le départ est également pressenti, mais qui n'a pas encore communiqué sa détermination. La volonté affichée par le centre droit face à l'échéance décisive de mars 2007 est de privilégier un «partenariat fort». Pas facile vu les inimitiés qui se sont manifestées entre les partis dans la législature qui s'achève et les divisions qui empêchent un Parti radical affaibli de jouer les pilotes. Une lueur toutefois: le retour des finances vaudoises aux chiffres noirs est de nature à apaiser les tensions.

Vers une plate-forme commune?

Le libéral Dominique Kohli, qui préside les pourparlers entre les formations politiques du centre droit, espère qu'il sera possible de mettre sur pied une plate-forme électorale commune avant l'été. «On ne saura pas encore avec qui, mais avec combien de candidats nous partirons.» Autre inconnue et autre complication: le lien à faire ou ne pas faire entre les élections cantonales de mars et les fédérales qui suivront en octobre.

Pour l'échéance vaudoise, Charles-Louis Rochat se prononce nettement pour une liste unique et réduite «de quatre ou cinq membres» dès le premier tour. «Il faut à tout prix éviter une primaire avec une liste importante», a-t-il souligné jeudi. Mais les partis sauront-ils faire modérer leurs revendications? Partir avec un ou deux candidats, c'est la question que devront résoudre les libéraux. Ne lancer qu'un seul candidat limiterait les risques, encore faut-il ne pas se tromper de candidat.

Pour les papables, trois principaux noms circulent.

Philippe Leuba. Le directeur de la Chambre vaudoise immobilière est sans conteste la figure forte du parti. Le peuple lui a donné raison dans la lutte âprement menée contre toute hausse fiscale. Mais sa dureté fait qu'il est justement le moins rassembleur des candidats. Depuis peu, il s'efforce de diversifier son image, comme lorsqu'il s'est déclaré volontaire pour négocier avec Christoph Blocher sur les requérants déboutés.

Jacques-André Haury. Le champion des notes à l'école incarne ce qu'il est convenu d'appeler l'aile humaniste du parti. Son maigre résultat contre le Vert François Marthaler est resté dans les mémoires. Mais comme le disent ses partisans, Pierre-Yves Maillard a bien raté deux ou trois fois avant d'être élu confortablement.

Serge Beck. Comme député, c'était le tribun du libéralisme pur et dur mêlé de bon sens terrien. Au Conseil national, il est plutôt discret. Syndic de village, il est resté actif sur le terrain cantonal, notamment dans le bras de fer entre les communes et l'Etat. D'autres noms sont articulés, comme ceux de Claudine Amstein, la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie, qui a déjà été candidate, ou du vétérinaire Jean-Marie Surer.