Genève

Le départ d’Eric Stauffer, présage du déclin du MCG

Le cofondateur du parti contestataire annonce son retrait progressif de la vie politique. L’absence de relève pourrait sonner le glas d’un mouvement qui a fait la pluie et le beau temps dans le canton pendant une décennie

Eric Stauffer a annoncé qu’il allait s’éloigner des rives de la politique pour se consacrer à ses vies professionnelle et privée. Dans les colonnes du Matin Dimanche, le président d’honneur du Mouvement citoyens genevois (MCG) – parti des mécontents, des déçus et de ceux qui vouent une profonde inimitié aux travailleurs frontaliers – a estimé qu’il avait «bouclé la boucle». Le député s’est laissé dix-huit mois «au maximum» avant d’abandonner le mouvement qu’il a fondé il y a dix ans. Lequel demeure encore la deuxième force politique du législatif avec 19 sièges. 

Parmi ses collègues du parlement, certains doutent encore de la fiabilité de sa promesse et rappellent que celui qui avait juré en février qu’il ne briguerait pas la présidence du Grand Conseil avait finalement présenté sa candidature deux semaines plus tard.

Mais quand bien même l’élu déciderait de rester, le constat est là: l’état de santé du parti demeure très stationnaire et l’absence de personnel politique pour reprendre le flambeau pourrait le pousser vers le déclin. Si le MCG emportait encore des voix aux élections cantonales de 2013, le mouvement a essuyé plusieurs revers depuis. D’abord un premier recul aux élections municipales de 2015, symbolisé par la non-réélection d’Eric Stauffer dans la commune d’Onex, son propre fief. Puis, un second six mois plus tard aux élections fédérales.

Pour attester du manque de relève qu’affronte le parti, il suffit de se tourner vers l’actuel président du MCG, Roger Golay. Dans nos colonnes, le conseiller national concédait jeudi que le «groupe de recherche» que l’élu avait souhaité mettre sur pied pour dénicher son successeur avait échoué et qu’il s’apprêtait à rester une année supplémentaire à la tête de la formation. Une autre absence laisse penser que le MCG va péricliter: son incapacité à placer l’un des siens aux exécutifs. Elle s’explique d’abord par le cordon «sanitaire» que dressent les ennemis du MCG à l’orée d’élections (Onex, Vernier, Lancy) en nouant des alliances parfois extravagantes entre gauche et droite. Elle s’explique également par la trempe des candidats présentés, à savoir des personnalités peu rassembleuses.

Seule exception qui confirme cette règle: Mauro Poggia. Son caractère tempéré et sa présence moins forte sur la thématique fétiche du MCG, à savoir les frontaliers, lui ont ouvert sans difficulté les portes du Conseil national en 2011 puis du Conseil d’Etat en 2013.
Au MCG, certains membres estiment, au contraire, que le départ d’Eric Stauffer va permettre au parti de retrouver un peu de sérénité. Il faudra un peu plus que cela pour progresser aux élections cantonales de mai 2018.

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