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NUCLEAIRE

Le dépôt de déchets nucléaires de Würenlingen collectionne les retards

Inauguré en avril dernier, le dépôt intermédiaire de déchets «Zwilag» est toujours vide. Les premiers convois, dont un provenant de Lucens, n'y entreront pas avant avril 2001.

Le dépôt intermédiaire de déchets nucléaires (Zwilag) de Würenlingen, en Argovie, ne pourra pas faire fonctionner son four à plasma avant 2002, a annoncé sa direction mercredi. Cette installation, qui doit accueillir durant environ 35 ans les déchets radioactifs des centrales suisses ainsi que ceux qui ont été retraités à la Hague ou à Sellafield, connaît donc un nouveau retard. Elle les collectionne. Bâties pour plus de 500 millions de francs par les exploitants de centrales nucléaires suisses, ces structures high-tech – four et halles de stockage – sont toujours inutilisées.

Fleuron de Zwilag, le four à plasma permettra de porter des déchets radioactifs à 20 000 degrés et, en les mélangeant à du sable, d'en tirer une pâte de verre coulée dans des fûts métalliques. Il aurait dû fonctionner dès l'ouverture du dépôt, inauguré officiellement en avril dernier, un mois après que le Conseil fédéral a présenté son projet de loi sur l'énergie atomique. Mais l'entreprise mandatée, Moser-Gloser & Co, s'enlise dans les difficultés, au point d'avoir dû demander récemment un sursis concordataire. En septembre dernier, Zwilag rompt le contrat et décide de terminer l'ouvrage lui-même. A cette fin, il a engagé quelques employés de cette société bâloise et fait appel à des spécialistes belges «pour disposer du savoir-faire nécessaire», explique son directeur Jean-Pierre Wenger. Un audit interne a révélé que le premier délai envisagé, à mi-2001, n'est pas réaliste. Le directeur confirme que le four ne fonctionnera pas avant 2002. Il faudra en sus une rallonge de 10 millions de francs pour achever sa construction.

Outre l'exploitation du four à plasma, Zwilag devrait pouvoir stocker des déchets moyennement ou hautement radioactifs dans d'impressionnantes halles aux murs de béton de 80 centimètres d'épaisseur (Le Temps, Sciences & Multimédia du 13 juin). Mais pour avoir sous-estimé la température des réservoirs, l'exploitant n'a toujours pas pu accueillir ses premiers hôtes, qui furent successivement annoncés pour la fin 1999, puis mai 2000, puis octobre. «Nous faisons encore des tests», explique Jean-Pierre Wenger. Bien que le Conseil fédéral ait déjà donné son feu vert de principe, la Division principale de la sécurité des installations nucléaires (DSN) n'a toujours pas délivré l'autorisation de transporter et de stocker les déchets des centrales suisses à

Würenlingen. En fait, outre le problème de la maîtrise de la température dans les halles, Zwilag n'aurait toujours pas fini certains travaux ni fourni des analyses demandées par la DSN, à propos de la radioprotection du site et des précautions contre les incendies. «Les premières estimations de calendrier étaient assez optimistes», glisse-t-on, tout en nuances, à la DSN. Et quand la direction de Zwilag annonce que «les premiers dépôts pourront être réalisés au début de l'année prochaine», l'estimation paraît encore optimiste. Car, même lorsque toutes les démarches internes auront été accomplies, les experts de la DSN auront encore besoin de «plusieurs semaines» pour dépouiller les rapports et explorer le terrain. Rien de radioactif n'entrera à Würenlingen avant avril 2001.

Ce nouveau retard est corroboré en terre vaudoise, car les premiers locataires de Zwilag seront les restes de la centrale nucléaire expérimentale de Lucens. Le site a été recyclé en abri de protection pour les musées vaudois, mais six conteneurs de débris radioactifs demeurent stockés sur une partie isolée. Ce que certains ignorent, même au sein de l'administration cantonale, car le départ des fûts avait été annoncé à grand fracas au début de cette année, lorsque Zwilag s'estimait en mesure de les accueillir rapidement. La raison du retard (avril-mai 2001) donnée aujourd'hui aux autorités vaudoises est que le transport de ces conteneurs nécessite un convoi sensible: il serait plus judicieux de le mettre en route sous le soleil printanier plutôt que dans le brouillard hivernal. Les Vaudois attendront donc encore une saison, ce qui, d'après le chef du service de la protection chimique et atomique Henri Rollier, ne les impatiente pas outre mesure, «puisque ces déchets sont là depuis la fin des années 1970…»

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