«Nous estimons le nombre de signatures totales recueillies à 143’000, mais pour des raisons économiques certaines communes n’ont pas encore tout comptabilisé», a précisé André Welti, président d’Ecopop et membre du comité d’initiative, lors d’une conférence de presse précédent la remise des signatures.

Ecopop souhaite que la croissance de la population suisse due aux migrations n’atteigne que 0,2% par an pour préserver durablement les ressources naturelles. «Or l’immigration est depuis 2007 responsable à 84% de la hausse du nombre de résidents, qui atteint 1,1% en moyenne annuelle», affirme Benno Büeler, président du comité d’initiative.

Pas contre les étrangers

Celui-ci a répété plusieurs fois devant les médias depuis le lancement de l’initiative au printemps 2011 qu’elle ne visait pas les étrangers.

L’autre objectif du texte est d’attribuer 10% des fonds de l’aide suisse au développement à la planification familiale volontaire. «Le budget de la Direction du développement et de la coopération (DDC) s’élève à 1,7 milliard de francs pour 2011: la Confédération peut économiser quelques millions pour assurer la qualité de vie des citoyens suisses», poursuit Benno Büeler.

Le texte demande aussi que les traités internationaux qui contreviendraient aux objectifs fixés - tels l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne (UE) - soient dénoncés dès que possible mais au plus tard dans les quatre ans.

Soutien des partis

Contrairement aux organisations environnementales, des partis ont apporté leur soutien à l’initiative. Les sections locales de l’UDC et des Verts’libéraux ainsi que certaines sections locales des Verts ont participé à la récolte des signatures, explique le comité d’initiative. Le parti des Verts a toutefois précisé qu’il rejette le texte.

Le comité d’initiative a pu mener son projet à terme grâce à un héritage de 400’000 francs et de 100’000 francs de dons, a-t-il relevé.

Philippe Roch, membre du comité de soutien, a parlé de «réaction complètement hystérique» dans les médias: «quiconque remet en question la croissance de la population se fait tout de suite traiter de nazi.» L’ancien directeur de l’Office fédéral de l’environnement espère que l’initiative fera émerger le débat public et brisera le tabou de la surpopulation.

De son côté, Alliance Sud, communauté de travail des grandes oeuvres d’entraide suisse, critique cette initiative. Elle ne s’attaque pas à la racine des problèmes écologiques globaux, estime dans un communiqué l’organisation.