PSYCHÉ

La dépression, un tabou suisse

Alors que près d’un Suisse sur cinq est concerné par la dépression, seul un dixième envisagerait d’en parler à un collègue de travail. La loi du silence est plus forte chez les hommes, les personnes âgées et chez les Romands

Les maladies psychiques touchent plus d’un million de personnes en Suisse, mais elles restent pourtant un tabou dMont on ne parle pas ou peu en dehors du cercle familial. La Fondation Selo et le canton de Zoug ont lancé lundi une campagne pour briser le silence.

Près de 20% de la population suisse souffre de dépression, mais la grande majorité des personnes touchées se taisent, constate la fondation sur la base d’un sondage réalisé auprès de 700 personnes. Les Romands sont plus réticents que les Alémaniques à évoquer le problème.

Près de 90% des personnes interrogées accepteraient de parler de leur maladie psychique avec leur partenaire ou des membres de la famille. Mais seulement 25% des sondés se confieraient à un supérieur hiérarchique et seulement 10% à un collègue de travail.

Romands moins ouverts

Les Romands, selon le sondage, se montrent moins ouverts que les Alémaniques: 52% estiment que les personnes souffrant d’une maladie psychique sont un poids pour la société, contre 32% en Suisse alémanique (36% au niveau national). Les Alémaniques accepteraient aussi plus volontiers d’aller rendre visite à un malade et ils sont moins sceptiques que les Romands sur les soins psychiatriques à disposition.

Seulement la moitié des personnes interrogées seraient prêtes à aller consulter un spécialiste (58% un médecin spécialisé et 43% un psychologue). Trop de gens attendent trop longtemps pour demander de l’aide. Beaucoup essaient de résoudre eux-mêmes leur problème en prenant de l’alcool et des tranquillisants, ce qui peut avoir des conséquences fatales, souligne la fondation.

Deux tiers des personnes sondées pensent que les personnes souffrant de maladies psychiques sont discriminées dans la société. Un tiers pense que c’est aussi le cas dans le cercle familial.

Femmes et jeunes mieux informés

Les hommes et les personnes âgées taisent plus souvent leurs problèmes psychiques que les femmes et les jeunes. Ces deux dernières catégories sont mieux informées sur ces maladies et c’est probablement pour cette raison qu’elles en parlent plus facilement et plus ouvertement.

La campagne d’affichage «Maladie psychique? Pas de tabou!» se déroule pour le moment uniquement dans le canton de Zoug. D’autres cantons ont fait part de leur intérêt. La Fondation Werner Alfred Selo, basée à Zurich, a été créée en 1994. Elle s’engage en faveur de la recherche et de la déstigmatisation des maladies psychiques.

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