Qui pour occuper le siège supplémentaire attribué aux cantons de Genève et de Vaud lors de l’élection au Conseil national le 20 octobre 2019? Si la réponse est encore floue, la perspective va agiter les partis politiques.

Le Conseil fédéral a confirmé mercredi que, sur la base de l’effectif de la population des cantons suisses, Vaud et Genève gagneront chacun un siège à la Chambre du peuple, au détriment des cantons de Berne et de Lucerne. Cette correction reflète le dynamisme de l’Arc lémanique, qui a connu une forte croissance démographique ces dernières années.

Si ce siège supplémentaire avait été attribué en 2015 déjà, lors des dernières élections fédérales, c’est la gauche lémanique qui en aurait profité. Dans le canton de Vaud, les Verts auraient conservé leur 3e siège.

A Genève, Ensemble à gauche aurait placé un élu sous la Coupole. Le conseiller national Daniel Brélaz note cependant qu’au niveau fédéral, il y aurait eu peu d’impact: «Les cantons de Berne et de Lucerne auraient perdu respectivement un siège socialiste et un siège PDC», explique-t-il. Les groupes parlementaires PLR et UDC auraient donc tout de même eu la majorité avec 101 voix sur 200.

Le test genevois

Mais on ne refait pas l’histoire. Ce n’est qu’en 2019 que l’effectif lémanique sera revu à la hausse et chaque élection a sa propre dynamique. Genève est actuellement représenté à Berne par onze conseillers nationaux: 3 PLR, 3 PS, 2 UDC, 1 PDC, 1 MCG, 1 Vert. «Les élections cantonales de 2018 seront un excellent indicateur», estime le sénateur Robert Cramer.

Elles permettront de juger de la bonne ou mauvaise santé des partis politiques. Les Verts confirmeront-ils qu’ils remontent la pente? Si tel est le cas, ils sont bien partis pour retrouver un deuxième siège sous la Coupole. Le MCG va-t-il se maintenir? Pas certain. «Ce parti s’essouffle, constate le conseiller national Hugues Hiltpold (PLR). En 2019, il pourrait bien y avoir deux sièges à prendre!»

Robert Cramer note que dans une élection au système proportionnel, tout dépend des apparentements et sous-apparentements ainsi que des thèmes d’actualité qui prévalent dans l’année précédant le scrutin. «Le résultat final dépendra de l’appréciation que les électeurs ont de la politique fédérale au moment de voter. Il y a un sentiment d’insécurité ou une crise migratoire, comme en 2015, et c’est la droite qui parvient à convaincre. Tandis qu’un ras-le-bol de l’UDC peut nous profiter», relève l’écologiste genevois.

«Bientôt, nous serons 19»

Le canton de Vaud a pour sa part 18 conseillers nationaux: 5 PS, 5 PLR, 4 UDC, 2 Verts, 1 PDC et 1 Vert’libéral. A ce stade, le conseiller national socialiste Roger Nordmann ne fait pas dans la dentelle, mais il imagine que le bloc PS-Vert va se rapprocher du bloc PLR-UDC pour atteindre une quasi- «égalité des forces».

Daniel Brélaz pense aussi qu’au vu du «trend actuel, il n’est pas invraisemblable que les Verts récupèrent le siège perdu en 2015». Il fait enfin un dernier constat: «Lorsque je siégeais au Conseil national en 1979, nous étions 16 Vaudois. Bientôt, nous serons 19. Je parie que nous serons 20 avant 2030, soit un dixième du Conseil national!»

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