La commission des institutions politiques du National veut étendre l’interdiction tessinoise de la burqa, et de toute forme de manière de se cacher le visage. Elle a accepté de justesse ce vendredi une initiative parlementaire de Walter Wobmann (UDC/SO).

Le vote est tombé par 11 voix contre 10 et 2 abstentions, a communiqué la commission. Selon la majorité, cette interdiction qui viserait tant les manifestants susceptibles de commettre des actes de violence que les personnes contraintes de se dissimuler le visage pour des raisons relevant du fondamentalisme religieux, pourrait contribuer au maintien de la sécurité publique en Suisse.

Les contacts à visage découvert au sein de la société font partie intégrante de la culture européenne, fait valoir la commission. Pour la minorité, l’interdiction constituerait une atteinte trop importante à la liberté individuelle et elle est disproportionnée, car le port de voiles religieux est rare en Suisse.

Selon elle, la promulgation d’une interdiction de se couvrir le visage lors de manifestations ou d’événements sportifs ne relève en outre pas de la Confédération, mais des cantons.

Le texte de l’initiative rejoint la nouvelle constitution tessinoise adoptée en votation populaire en 2013 et validée par les Chambres fédérales en mars. La France a également interdit le port de vêtements dissimulant l’ensemble du corps et la Cour européenne des droits de l’homme n’a rien trouvé à y redire.

La commission espère peut-être éviter une votation fédérale sur l’interdiction de la burqa. En janvier, le Comité d’Egerkingen proche de l’UDC a lancé une initiative populaire au niveau fédéral, dont le texte est similaire aux dispositions tessinoises.

En mars, le Conseil national s’est rallié au Conseil des Etats en validant la modification de la Constitution tessinoise bannissant le voile intégral. L’interdiction de se voiler entièrement le visage sur le domaine public n’est pas contraire au droit fédéral, ont estimé les Chambres.