Sept ans. Il aura fallu sept longues années pour qu’une majorité du Parlement genevois – 58 voix contre 30 et 8 abstentions – décide enfin de se délester des 19 millions de francs nécessaires à la rénovation des salles de l’Hôtel-de-Ville dont celle qui accueille l’organe législatif genevois. Soutenu notamment par cinq anciens présidents du Grand Conseil, le projet permettra aux personnes à mobilité réduite d’accéder enfin aux débats via un nouvel ascenseur, comme le garantit la Constitution cantonale. La cure de jouvence consiste aussi à mettre en place une boucle magnétique pour offrir une meilleure écoute pour les personnes sourdes et malentendantes. Des mises aux normes en termes d’incendie, d’électricité et de sécurité seront également réalisées. Les travaux devraient durer près de trois ans pendant lesquels le Grand Conseil devra tenir ses séances plénières ailleurs.

Un projet «dispendieux» pour les opposants

Parmi les députés, plusieurs d’entre eux, à gauche comme à droite de l’échiquier politique, ont estimé que la dépense n’était pas urgente. Rapporteur de minorité, le MCG Christian Flury a dénoncé un projet «dispendieux», invoquant la dette élevée du canton et préférant que ce montant soit investi dans les rénovations d’école. «Une position démagogique», lui oppose le démocrate-chrétien Guy Mettan. «Nous avons déjà dépensé 1,6 million de francs pour des études. Refuser ce projet équivaudrait à jeter cet argent par la fenêtre et montrerait un très mauvais exemple.» Le député Eric Leyvraz (UDC), lui, rappelle à ses collègues l’état de délabrement dans lequel se trouve leur outil de travail. «Avec ces fauteuils éventrés que refuserait même le centre social protestant, […] nous donnons au monde une image misérabiliste.» «Nous envoyons ici plutôt un message que la population ne comprendra pas», peste Daniel Sormanni (MCG). Sans succès ce jeudi soir, même si le lancement d’un référendum à l’encontre de ce crédit d’investissement n’est pas improbable.

Ce n’est pas la première fois que ce projet de loi sort de la commission des travaux. Mais il y avait été renvoyé en août 2015. A la veille d’élections fédérales, les députés avaient vraisemblablement estimé que la petite dépense pouvait attendre. Un peu encore.