Plusieurs députés, de tous bords, veulent que Genève devienne exemplaire dans le domaine de l'aide internationale au développement. Ils ont déposé un projet de loi pour que le canton «consacre au moins 0,7% de son budget annuel de fonctionnement à la solidarité internationale». Cette somme représenterait entre 40 et 50 millions de francs, le budget en question avoisinant les 6 milliards de francs.

«Geste de solidarité minimal»

Par cette démarche, les députés disent effectuer «le moindre des gestes de solidarité». «Le contexte international fait apparaître de grandes différences, souligne le député vert Antonio Hodgers. Le revenu moyen dans les 20 pays les plus riches est 37 fois plus élevé que celui des 20 pays les plus pauvres.» Pour Jeannine de Haller, de l'Alliance de gauche (AdG), «Genève doit être à la pointe de la solidarité, d'autant qu'avec la pression sur les budgets, l'aide mondiale au développement a diminué.» Pierre Marti, du PDC, relève que «la plupart des conflits se déroulent dans des pays sous-développés, exploités par les plus riches. En favorisant le développement, nous participerons au retour de la paix.»

L'idée de consacrer une part du budget cantonal à la coopération internationale n'est pas nouvelle. En 1983, une initiative populaire qui fixait déjà cette participation à 0,7% avait été balayée par 68% des votants. Cela étant, Genève attribue déjà une subvention à l'aide au développement. Combien? Les députés ne le savent pas. «L'examen du projet de loi en commission nous permettra d'estimer la dotation cantonale», précise Christian Brunier, du Parti socialiste. «Nous savons que l'Etat a prévu 2,6 millions de francs pour la Fédération genevoise de coopération, qui regroupe les associations spécialisées dans le développement», note Pierre Marti.

De son côté, la Direction des affaires extérieures du canton de Genève indique avoir procédé récemment à une telle évaluation. «Le montant, non exhaustif, s'élève à 12,2 millions de francs, soit 0,21% du budget de fonctionnement», indique sa directrice, Sylvie Cohen. En outre, le projet des députés intervient alors que le gouvernement entame une réflexion sur sa contribution au développement, notamment dans le cadre de l'Agenda XXI.

Si le Grand Conseil accepte d'inscrire un seuil de 0,7% pour financer des projets, ceux-ci devront toucher les domaines de la coopération, l'aide au développement, la promotion de la paix et la défense des droits sociaux et de la personne. Cette loi pourrait bénéficier du soutien d'une large majorité. Le député radical Roger Beer, cosignataire du projet, espère convaincre son parti de se rallier à cette cause.

«Nous souhaitons aussi que d'autres cantons suivent notre exemple», dit Christian Brunier. Genève est déjà avec Zurich l'un des cantons les plus actifs dans ce domaine. Quant à la Confédération, elle attribue 0,32% du PNB à la coopération internationale.