Le libéral Claude Ruey n'a pas pu sauver le budget de son Département des institutions et des relations extérieures (DIRE). Les députés l'ont amputé de 2,5 postes au secrétariat général, un coup de canif censé compenser la création de nouveaux postes au Tribunal des baux. Le Grand Conseil a suivi sa Commission des finances, qui voulait donner un «coup de semonce» face à l'«inflation» des services généraux et des états-majors dans l'administration cantonale (Le Temps de mardi).

Les députés libéraux ont couru à la rescousse de Claude Ruey, mais cela n'a pas suffi contre la détermination des radicaux, renforcés en la circonstance par le POP. On a pu entendre un duo du radical Pascal Broulis, président de la Commission des finances, et du popiste Josef Zisyadis contre le «gonflement démesuré» du DIRE.

La méfiance des députés à l'égard des services centraux éclatera à nouveau à la fin du débat budgétaire: la Commission des finances recommande une coupe linéaire dans les mandats de consultants, qui explosent dans certains secteurs.

Les représentants du Conseil d'Etat ont fait remarquer que l'hostilité présente des députés envers le développement des états-majors n'était pas cohérente avec les exigences d'une meilleure conduite qui émanent de ces mêmes députés. Mais cette hostilité témoigne en tout cas de l'impasse dans laquelle le débat financier cantonal est englué. Les services centraux peuvent servir de nouvel exutoire dès le moment où aucune mesure d'économie sur le terrain ne s'avère faisable. Le Grand Conseil refusera selon toute probabilité ces prochains jours les mesures qui frappent l'enseignement, à travers l'allongement du temps de travail des maîtres secondaires et la suppression des cours à option au gymnase.

Malgré un déficit de 200 millions qui en fait déjà le pire de Suisse, le budget de l'Etat manque en plus de «sincérité». Le gouvernement persiste avec des prévisions optimistes des recettes fiscales, mais n'a pas l'intention de provisionner les 40 millions que mettra à sa charge le récent arrêt du Tribunal fédéral des assurances. Une nouvelle jurisprudence sur les bouses d'études entraînera de surcroît plusieurs millions de dépenses. Tout cela passera donc par des crédits complémentaires.