L'idée d'unir le destin de Genève et de Vaud avait, dès son origine, tout pour déplaire, et nombreux sont ceux qui n'ont pas laissé le moindre espoir à la démarche. L'esquive s'annonçait d'ailleurs facile: il suffisait, croyait-on, de la réduire à l'élucubration d'un ex-conseiller d'Etat vaudois.

Trois ans plus tard, l'idée de Philippe Pidoux a fait son chemin. Une initiative a déjà abouti et une autre s'apprête à être lancée. L'association qui la soutient dispose de moyens importants. Ses adversaires y trouveront d'ailleurs une nouvelle raison de la brocarder, en relevant qu'elle est financée par des banquiers privés. A moins qu'ils ne réalisent que l'engagement de cette corporation est en général, à Genève, autrement plus signifiant que le simple envoi d'un chèque.

L'initiative obtiendra les signatures nécessaires, car le champ de la discussion politique genevoise s'est considérablement réduit. Depuis l'échec de la table ronde, le parlement n'est plus un lieu de débat. On préfère y converser des affaires de la planète entière plutôt que d'oser y débattre des relations entre la Ville et l'Etat. Quant aux partis, l'encéphalogramme est, à droite comme à gauche, plat.

Tout cela amène de l'eau au moulin des unionistes, car il n'y a bientôt plus que chez eux que la lumière semble encore allumée…

Fr. L.