Mieux vaut prévenir que guérir. Les forces de police fédérales et grisonnes préfèrent assurer leurs arrières à quelques jours de l’ouverture du Forum économique mondial à Davos ce mardi: les autorités ont mobilisé des agents de sécurité supplémentaires ces derniers jours, afin d’assurer le bon déroulement de la manifestation, à laquelle de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement prendront part.

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La décision fait couler beaucoup d’encre. Le SonntagsBlick a mis l’accent dimanche sur une organisation «de dernière minute» trahissant l’anxiété et le manque de préparation des autorités face à l’ampleur de l’événement. Le journal alémanique souligne que des agents fédéraux de tout âge, issus de tous les départements, ont été mobilisés à la va-vite pour intégrer la garde rapprochée des leaders dans les hôtels ou les centres de conférences. Le titre s’appuie notamment sur le témoignage d’un policier fédéral souhaitant conserver l'anonymat: «C’est la première fois qu’on mobilise autant de monde en si peu de temps.»

«Rien d’inhabituel»

Si elles ne nient pas ce sursaut sécuritaire, les forces de police fédérales et grisonnes l’expliquent par deux éléments. D’une part, la redistribution des ressources allouées à la sécurité à quelques jours d’un événement est une pratique commune. «Les courts délais de mobilisation n’ont rien d’inhabituel, précise la porte-parole de la police fédérale, Anne-Florence Debois. Les agents fédéraux ont vocation à prêter main-forte aux polices cantonales dans ce genre de temporalité. L’essentiel, pour nous, est de rester flexibles jusqu’au dernier moment.»

D’autre part, «les personnalités invitées peuvent confirmer ou annuler leur venue à l’événement, ce qui nous oblige à prendre nos dispositions» et à envisager des dispositifs à géométrie variable, précise André Kraske, porte-parole de la police grisonne. La grande inconnue reste évidemment la présence de Donald Trump à Davos. Celle-ci est actuellement remise en cause par le «shutdown» paralysant les Etats-Unis depuis le vendredi 19 janvier à minuit, faute d’accord sur le budget américain.

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Si elle était toutefois maintenue, la venue de Donald Trump et de sa délégation risque de faire des étincelles. Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, et le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, devraient en faire partie. Une manifestation a par ailleurs été annoncée pour le 23 janvier à Zurich sous le slogan «Trump: Welcome to Hell» («Trump: bienvenue en enfer»).

La chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, Emmanuel Macron, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont pour leur part confirmé leur venue.

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