Entre juillet et septembre 2014, 7825 demandes d’asile ont été déposées en Suisse, soit 45% de plus qu’au précédent trimestre (5384). Cette hausse s’explique avant tout par l’arrivée continue de migrants ayant accosté au sud de l’Italie, avant de poursuivre leur route vers le nord.

De début janvier à fin septembre, plus de 140’000 migrants ont atteint le sud de l’Italie après avoir traversé la Méditerranée, avant de poursuivre leur route vers le nord, a indiqué lundi l’Office fédéral des migrations (ODM). A titre de comparaison, le nombre de migrants ayant accosté en Italie pour toute l’année 2013 se montait à 43’000. Cette hausse est avant tout liée à la perte de contrôle des autorités libyennes sur de grandes parties de leur zone côtière, ce qui permet aux organisations de passeurs d’opérer pratiquement sans entraves, écrit l’ODM.

La Suisse est particulièrement touchée par cette augmentation. Le chiffre le plus élevé a été enregistré au mois de juillet (2911 demandes). Les chiffres d’août et septembre 2014 sont respectivement de 2515 et de 2399 demandes, précise l’office dans sa statistique trimestrielle.

Compte tenu de la persistance d’un nombre élevé d’arrivées dans le sud de l’Italie, le volume de demandes d’asile déposées en Suisse devrait rester supérieur à la moyenne ces prochains mois, estime encore l’ODM.

Erythrée largement en tête

Au troisième trimestre, près de la moitié des nouveaux requérants étaient originaires d’Erythrée, avec 3531 demandes. En comparaison avec le trimestre précédent, les demandes de migrants érythréens ont ainsi presque doublé (+1853 demandes).

Les autorités ont par contre enregistré une baisse pour les requérants venus de Syrie (816 demandes, soit 239 demandes de moins). Le nombre de demandes d’asile déposées par des personnes provenant du Sri Lanka a lui également augmenté, pour atteindre 369 (+155 personnes).

De début juillet à fin septembre, 6329 demandes d’asile ont en outre été réglées en première instance, soit 4% de moins qu’au trimestre précédent. A la fin septembre, 17’710 demandes étaient encore pendantes en première instance, soit environ 11% de plus qu’au second trimestre.

Moins de départs

Durant la même période, 2040 personnes ont quitté la Suisse par elles-mêmes ou ont été rapatriées, soit environ 12% de moins que durant la période précédente. Parmi elles, 500 ont été transférées vers l’Etat compétent pour traiter leur demande d’asile dans le cadre de la procédure Dublin. Selon cette procédure, le pays d’entrée doit enregistrer le requérant et est responsable pour l’examen de la demande d’asile.

La baisse des renvois depuis la Suisse vers l’Italie est liée à l’enregistrement des requérants, avait récemment indiqué l’ODM, en faisant référence aux difficultés que connaît l’Italie pour faire face à l’afflux de réfugiés. «Lorsqu’une personne n’est pas enregistrée en Italie, c’est plus difficile pour la Suisse de la renvoyer», expliquait alors une porte-parole de l’office.

Respecter le système Dublin

Simonetta Sommaruga, ministre de la justice, a demandé au mois de septembre à l’Italie de respecter les obligations du système Dublin et d’enregistrer tous les réfugiés passant sur son sol.

La conseillère fédérale s’est montrée en même temps prête à discuter d’une clé de répartition pour envoyer les réfugiés dans différents Etats Dublin. Elle a également déclaré que la Suisse est prête à soutenir l’Italie dans le domaine du personnel ou de l’enregistrement des migrants.

L’Union européenne (UE) a par le passé déjà demandé à l’Italie de ne pas laisser les requérants d’asile non enregistrés continuer leur route. L’Italie s’estime elle surchargée et demande le soutien de l’UE.