Commentaire

Dernière chance pour la droite vaudoise

Les partis de droites doivent établir une «impossible» alliance

La question qui torture la droite vaudoise se pose de manière plus brûlante que jamais au soir des élections fédérales. C’est celle de son «impossible» alliance en vue de reconquérir une place au Conseil des Etats, dans l’immédiat, puis la majorité gouvernementale du canton ensuite.

Jusqu’à ce dimanche, c’était le triomphe de la dispersion. Déchiré au sujet de l’apparentement sollicité par l’UDC, le PLR avait dit non, comme un moindre mal. Les petits partis du centre jouent leur propre carte. Le duo de gauche qui occupe les deux sièges aux Etats depuis huit ans, se retrouve du coup en ballottage favorable.

Pourtant une possibilité se dessine pour le camp bourgeois. Malgré un sort médiocre à Lausanne, Olivier Français apparaît à l’échelle du canton comme un candidat crédible pour représenter aux Etats l’autre moitié du canton. Mais le soutien de tout le centre droite lui sera nécessaire pour l’emporter. Les partis de la droite sauront-ils passer par-dessus leurs divergences et ressentiments? Et le centre, dont la prétention est inversement proportionnelle à son propre morcellement, renoncer à la prétention de se maintenir entre la gauche et la droite?

Au-delà de l’occupation du siège fédéral auquel se limite l’enjeu immédiat, c’est toute la dynamique en vue de récupérer un pilotage incontesté du canton qui est en question.

Le score de l’UDC apparait dans ce contexte plutôt comme une lueur pour le centre-droit. D’une part, comme une sorte d’exception vaudoise, cette formation a perdu le statut de premier parti du canton, qu’elle avait arraché aux libéraux et radicaux de 2011. De plus, l’élection du Conseil national a mis sur le devant de la scène, plutôt que les personnalités urbaines et protagonistes des récents scandales, visiblement boudées, des candidats «ruraux» et plutôt rassembleurs, où l’on pourrait trouver un successeur à Jean-Claude Mermoud, le dernier UDC au gouvernement vaudois.  Ce sont toutes ces conditions qu’il faudrait impérativement remplir pour gouverner le canton comme avant. A moins qu’il ne soit définitivement trop tard.

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