Tout a été très vite. A 8 heures, sous les yeux des habitants du quartier amassés autour du site, un trax démolissait l'une des barricades, afin d'ouvrir un passage à la présidente du Tribunal civil du district de Lausanne. La magistrate est alors partie à la rencontre des neuf derniers squatters de Prélaz pour leur donner un dernier ultimatum: ils avaient dix minutes pour quitter les lieux, de leur plein gré. La juge à peine de retour près des forces de l'ordre, un des jeunes occupants franchissait à son tour la muraille de pierre. Ses huit compagnons ont attendu encore quelques minutes avant de s'en remettre aux policiers, dont l'un avec des larmes de regrets dans les yeux. Après avoir été fouillés et identifiés, certains d'entre eux ont été immédiatement relâchés.

Le bâtiment libéré de ses occupants, des agents s'y sont engouffrés afin de le passer au peigne fin, pour y rechercher notamment les bonbonnes de gaz que des squatters avaient déplacées avant d'abdiquer devant le nombre de policiers. A 9 h 10, le drapeau noir flottant sur le toit de l'immeuble est décroché par un agent. C'est fini.

De l'autre côté du site, à peine les lieux sécurisés, un conducteur d'engin de chantier entreprend la destruction d'une barricade couverte de graffitis symbolisant les dernières semaines de résistance. Cela sous les applaudissements du public. En même temps, les agents d'une société de surveillance privée se déploient sur le site, avec pour mission de le garder 24 heures sur 24. Des ouvriers posent quant à eux de hautes barrières pour «fermer les lieux à toute personne non autorisée».

Le site appartient désormais aux machines de chantier. Les terrains seront assainis et les travaux de construction des 200 logements sociaux devraient commencer à la mi-septembre.

E. L.