C’est la toute première fois de sa vie qu’il quitte l’Erythrée. Et c’est pour se rendre à une audience du Tribunal de police de Genève. Cet homme, c’est le père de Fikre, jeune migrant mort une nuit de novembre 2014 dans les fumées de l’incendie des Tattes. Il se lève pour s’adresser au juge: «J’étais très heureux de savoir mon fils en Suisse et je ne m’attendais pas à accueillir son cercueil à Asmara. Dieu a voulu cela. Jusqu’à aujourd’hui, c’est très difficile à accepter. J’aurais voulu que mon fils vive bien ici.»