Les détenteurs de chiens n’auront plus l’obligation de suivre des cours. Lundi, le Conseil national s’est rangé derrière la position du Conseil des Etats et a mis fin à l’exercice, au grand dam des vétérinaires… et du conseiller fédéral Alain Berset, qui a vainement tenté de sauver les meubles.

Résultats difficiles à estimer

Car c’est le Parlement qui a voulu astreindre les détenteurs de chiens à suivre un cours théorique et pratique. C’était il y a dix ans, après plusieurs cas de graves morsures. Mais les élus ne sont pas satisfaits des résultats de la formation qui est dispensée depuis 2008. A la lecture d’un rapport publié en mars 2016, ils ont appris que l’impact de ces cours était difficile à mesurer. Qu’on ne pouvait objectivement dire s’il y avait moins d’accidents et si le comportement des détenteurs de chiens avait changé. Surtout, le rapport mentionnait qu’une personne sur cinq passait entre les mailles du filet et n’allait pas faire joujou avec toutou. Si bien que pour Marcel Dettling (UDC/SZ), «si on veut augmenter le sentiment de sécurité, il faut maîtriser l’immigration. Les gens ont davantage peur de traverser une gare que de croiser un chihuahua dans un parc».

La commission compétente ne voulait pas pour autant revenir en arrière. Elle proposait un compromis à la motion du conseiller aux Etats Ruedi Noser (PLR/ZH). C’est-à-dire de dispenser de cours celles et ceux qui les avaient déjà suivis avec un précédent chien et d’améliorer les cours pour les autres en tenant compte des lacunes apparues dans le rapport. «Car les cours sont bien acceptés par les détenteurs de chiens, la population et les vétérinaires», a tenté d’expliquer la conseillère nationale Andrea Gmür-Schönenberger (PDC/LU). Si ces cours deviennent facultatifs, ils ne seront certainement pas suivis par ceux qui en auraient le plus besoin, craint-elle. Et d’estimer encore que la formation est tout sauf exigeante. Les cours théoriques sont dispensés en ligne et il y a quatre heures de cours pratiques. Un minimum.

Diminution des cas dramatiques

Alain Berset admet qu’on ne peut s’appuyer sur des statistiques pour mesurer l’impact concret de la formation. «Mais les cas dramatiques ont diminué», assure-t-il. Comme la commission, le ministre aurait préféré réviser la réglementation. «Il y a aussi des personnes qui roulent sans permis, en voiture ou à moto. Mais ce n’est pas une raison pour supprimer l’obligation de détenir un permis», a-t-il lancé en direction de la droite qui a finalement préféré trancher dans le vif et a imposé sa vision.