Quatre détenus de Champ-Dollon ont été ou se sont blessés lors de leur transfert en «cellule forte» durant le mois de mai. Le directeur de la prison genevoise a ouvert des enquêtes internes pour déterminer les faits. Et au moins deux plaintes pénales ont été déposées.

Dans les quatre situations, les détenus - trois hommes et une femme - ont refusé d’obtempérer aux ordres des gardiens. «L’usage de la contrainte a été considéré comme disproportionné par les détenus, respectivement leurs avocats», a indiqué mercredi à l’ats le directeur de Champ-Dollon Constantin Franziskakis, confirmant une information de la «Tribune de Genève».

Et d’expliquer que l’usage de la contrainte, qui requiert l’intervention d’une dizaine de gardiens, peu mal tourner. Le détenu est plaqué au sol et déshabillé car un vêtement spécial est exigé en cellule forte. Dans les quatre cas, un constat de lésions traumatiques établi par un médecin a été adressé au commissaire à la déontologie, conformément à la procédure.

Pour M. Franziskakis, ces cas sont fortuits. L’établissement pénitentiaire comptait quelque 450 détenus mardi, après avoir connu un record de surpopulation en 2010, avec 550 détenus en moyenne. «Il y a eu 500 mises en cellule forte, alors qu’on en compte normalement une par détenu. Et nous n’avons pas connu de hausse des cas d’indiscipline pendant les six premiers mois de 2011.»

«Passablement de détenus souffrent de troubles psychiatriques: refus de l’autorité, incapacité à gérer des frustrations», rappelle le directeur, sans pour autant banaliser la situation: «Nous attendons des gardiens de faire usage de la proportionnalité (force adaptée à la situation) dans leurs interventions.»