Les budgets des collectivités publiques prévoient pour cette année des déficits atteignant 7, 5 milliards. Cela portera à la fin de l'année l'endettement de la Confédération, des cantons et des communes à plus de 210 milliards, ce qui représente une dette de 30 000 francs par habitant. Cette année, les déficits les plus importants sont le fait de la Confédération (4,9 milliards, soit les 3,9 milliards de déficit budgétisé plus la dette relative au Fonds pour les grandes infrastructures ferroviaires), et des cantons (2,1 milliards). Les villes affichent également des déficits très importants, alors que les petites et moyennes collectivités publiques se portent mieux financièrement.

En 1997, les comptes consolidés avaient bouclé avec un excédent de dépenses de 9 milliards, soit 2,5% du PIB. En 1998, ce fut l'embellie. Les comptes de la Confédération atteignaient l'équilibre à 300 millions près, alors que le budget tablait sur un déficit de 7,6 milliards, grâce en partie, il est vrai, à la privatisation de Swisscom. Comme les cantons enregistraient la même évolution, du fait notamment d'une augmentation des contributions de la Banque nationale, le déficit global des collectivités publiques avait pu être limité l'an dernier à 1 milliard de francs, soit 0,3% du PIB.

De 1990 à 1997, l'endettement de la Confédération, des cantons et des communes aura doublé, en passant de 98 à 191 milliards. Le montant des intérêts passifs, 7,8 milliards en 1997, qui absorbe 10% des recettes fiscales, est presque deux fois plus élevé qu'en 1990.

Malgré cette dégradation enregistrée cette année, la Suisse est encore en mesure de remplir les critères de Maastricht, mais son endettement, avec 53% du produit intérieur brut (PIB), se rapproche de la limite, fixée à 60%. Estimé à 1,9% du PIB, le déficit annuel reste assez loin de la limite de 3%.

Cette année, les recettes de la Confédération devraient dépasser les 38,9 milliards inscrits au budget, mais il est difficile de prédire si le déficit sera plus ou moins élevé que les 3,9 milliards prévus, a indiqué vendredi le Département fédéral des finances. L'incertitude tient notamment à la hausse importante des dépenses liées à la politique d'asile. Les événements survenus au Kosovo se traduiront par des demandes de crédits supplémentaires se chiffrant en centaines de millions. Pour l'heure, l'Office fédéral des réfugiés va demander un crédit supplémentaire de 250 millions, faisant passer les coûts de l'asile à près de 1,5 milliard pour l'année. D'autres crédits seront probablement nécessaires pour couvrir les engagements humanitaires de la Suisse en ex-Yougoslavie.

Au chapitre des recettes fiscales, la Confédération a déjà encaissé 21,4 milliards au terme du premier semestre. Les rentrées de l'impôt fédéral direct devraient dépasser le montant budgétisé, tout comme les recettes provenant des droits de timbre, en raison de la bonne tenue des Bourses suisses. Le produit de l'impôt sur les huiles minérales et celui de la TVA sont conformes aux prévisions budgétaires. En revanche, les recettes attendues de l'impôt anticipé ne pourront pas être atteintes. Les rentrées élevées de l'année dernière se traduisent cette année par des remboursements conséquents.

Le montant des recettes non fiscales risque par ailleurs d'être moins important que prévu. Les prévisions budgétaires avaient été basées sur un recul du chômage plus important que celui qu'on a enregistré et le remboursement des prêts accordés à l'assurance chômage sera en conséquence moins important qu'espéré.