La situation financière de la Fareas, fondation à laquelle le canton de Vaud a confié l'accueil de ses requérants d'asile, est encore plus délicate que prévu. A la suite d'erreurs de gestion constatées l'an dernier et remontant à 1995, ses responsables s'attendaient à devoir rembourser à la Confédération 8 millions de francs de forfaits d'assistance indûment perçus. Des provisions en conséquence avaient été faites (Le Temps du 20 octobre). Mais au milieu du mois de janvier, le rapport du Contrôle fédéral des finances a apporté une très mauvaise nouvelle: Berne ne réclame pas 8, mais bien 20 millions de francs.

La hausse de la facture met le canton de Vaud dans une situation désagréable. C'est à travers ses caisses que les sommes ont transité, et c'est à lui que Berne réclame les indemnités perçues en trop, généralement pour des requérants ayant déjà quitté le canton ou devenus financièrement autonomes. «Toutes les mesures visant à sauvegarder les intérêts du canton seront prises», annonce Charles-Louis Rochat, conseiller d'Etat en charge du Département de la santé et de l'action sociale.

L'une d'elles consiste à passer à la loupe les calculs de la Confédération. «C'est la première fois que le Contrôle fédéral des finances procède à une telle vérification, et nous voulons être sûrs de sa méthode», dit Charles-Louis Rochat. Sur ce point, Vaud devrait répondre à la Confédération d'ici à mi-février.

Le canton aimerait surtout savoir si la Fareas pourra honorer son énorme dette. La fondation dispose d'une fortune de 22 immeubles totalisant 232 appartements, qui figurait à son bilan 2000 pour une somme de 21 millions. Une expertise de ces immeubles a été lancée par les responsables cantonaux, mais le résultat de celle-ci n'est pas encore connu. Victime d'une crise de croissance aiguë à la suite de l'explosion du nombre des demandes d'asile, la Fareas avait déjà fait l'objet d'un audit du Contrôle cantonal des finances en 1999. Elle a depuis entrepris de réorganiser complètement sa gestion et son contrôle interne.