Isabelle Chassot avait le sourire, en quittant la salle du Grand Conseil fribourgeois vendredi. La directrice de l'Instruction publique, de la culture et du sport a certes dû plier devant les députés, qui réclament une participation du canton de 60 millions (à verser en six annuités) pour l'introduction de la deuxième année enfantine (LT du 04.09.2008). Mais c'était attendu. L'essentiel, pour la conseillère d'Etat, est ailleurs. Elle a réussi à rendre obligatoires les deux ans de scolarité précédant le primaire, au grand dam de certains parlementaires trouvant que quatre ans, c'est trop jeune pour aller à l'école.

Le débat a été très émotionnel. HarmoS oblige, Fribourg doit introduire une seconde année d'enfantine. Cela, personne ne le conteste. En revanche, nombreux sont ceux qui voudraient que ce nouveau degré d'enseignement garde un caractère facultatif. Jeudi, en première lecture de la loi, l'obligation de fréquentation n'est passée que de trois voix. De quoi donner l'espoir aux opposants de renverser la vapeur.

Critiques de l'UDC

«A peine les enfants sont-ils nés qu'on veut s'en débarrasser. A cet âge, ils sont mieux à la maison», s'insurge l'UDC Roger Schuwey. «Les familles, si elles le souhaitent, ont le droit de s'occuper de leurs enfants», enchaîne la radicale Antoinette de Weck.

Dans l'autre camp, on se veut plus rationnel. «En rendant cette année obligatoire, on simplifie la vie aux communes, qui n'auront aucun moyen d'anticiper le nombre d'élèves si elle est facultative», expose Christian Ducotterd (PDC). «C'est important pour la socialisation des enfants, qui ne vivent plus dans des grandes familles», ajoute Bernadette Hänni (PS).

Cette vision des choses sera acceptée par sept voix d'écart. En 2012 au plus tard, l'école fribourgeoise commencera à partir de quatre ans révolus et comptera deux ans d'enfantine. Comme HarmoS l'exige. Une issue contraire du débat aurait été un peu gênante pour la présidente de la CDIP.